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Bienvenue 17/10/2009

 




Bienvenue sur mon blog,ici seront regrouper OS,mini fic et fiction sur le groupe Allemand Tokio hotel,les histoires seront basé sur Bill et Tom. Si vous aimer les histoires YAOI et Twincest vous êtes au bon endroit.

~Les rageux
~Les Antis th
~Les Homophobes


Enfin les gens peu ouvert d'esprit vous pouvez cliquer sur la petite croix rouge en haut à droite. Pour les autres "bienvenue" et  j'espère que vous apprecirez,

bonne lecture a tous.


Steph.

Tags : présentation du blog

Sommaire 18/10/2009

Voila le sommaire pour plus de faciliter à trouver ce que vous cherchez:

OS: 
 
 
Bill part retrouver son frère en Afrique, dans les plaines du Serengenti. Sur fond de savane et d'animaux sauvage, un amour se dévoile et se vit......
 
 
Les coulisses d'une émission télé permettent aux quatre Rock Star de décompresser avant la première de la tournée.....
 
 
Tom, qui vient de se faire larguer par sa petite amie, trouve un petit chat noir qui devient très vite un compagnon à part entière.....
 
 
 
Bill est cavalier de spectacle équestre. de passage à Paris pour le salon mondiale de l'équitation, alors qu'il présente un numéro avec ces étalons, il croise par inadvertance la route de Tom jeune SDF. Ils vont s'apprivoiser mutuellement et très vite se découvrir une attirance forte.
 
 
 



 Bill est un jeune moniteur de sauvetage en haute montagne et il part en reconnaissance avec un de ses nouveaux élèves, Tom, après avoir reçu un appel de détresse de skieurs hors piste.Comme c'est la veille de Noël, ils espèrent retrouver les skieurs rapidement.Cependant, alors qu'il arrive à l'endroit d'où leur est parvenu l'appel, ils sont pris au piège dans une cavité à cause d'une avalanche.Pour survivre et vaincre le froid avant que d'autres équipes ne les retrouvent, ils vont devoir se tenir chaud mutuellement. 



Os de noel sur une demande







Mini Fiction
 
20 ans à deux ~ FINI
 
Bill et Tom font fêter leurs vingt ans. Et si c'était pour eux l'occasion de dévoiler les sentiments de leurs coeurs respectifs.......
 



 
Prince du désert (Bill/ Bushido)
 
Bill est le trophé d'une course de chevaux pour un puissant Cheikh. Désir et amour sur fond de décor oriental.... 

1ére Partie   x   2éme Partie   x    3ème partie   x   Epilogue



 
 
For the heart of an angel (Bill/ Bushido)




Le capitaine Bushido et son équipe se voient confiés l'étrange mission de délivrer un ange prisonnier d'un bunker. Quel est ce lien mystérieux qui unit l'ange à Bushido?
 
Prologue   x   Chapitre 1  x  Chapitre 2  x  Chapitre 3  x   Chapitre 4  x   Chapitre 5  x   Chapitre 6   x   Chapitre 7  x   Chapitre 8    x   Epilogue
OS Bonus
 
 
Bill fait découvrir son univers à Bushido et ses amis....
 
 
Bill est enceint mais tout s'annonce plutôt difficile....
 





FICTION

 Stradivarius et Gibson : L'accord Parfait (Tome1) FINI
 
Bill, jeune violoniste de talent découvre l'amour dans les yeux ambrés du guitariste de Tokio Hotel. Mais qui est ce mystérieux jeune homme qui le sauve de la mort? Pourquoi en a t'on tellement après sa vie et son corps?

Chapitre 1 x Chapitre 2 x Chapitre 3 x Chapitre 4 x Chapitre 5 x Chapitre 6 x Chapitre 7 x Chapitre 8 x Chapitre 9 x Chapitre 10 x Chapitre 11 x Chapitre 12 x Chapitre 13 x Chapitre 14 x Chapitre 15 x Chapitre 16 x Chapitre 17 x Chapitre 18 x Chapitre 19 x Chapitre 20 x Chapitre 21 x Chapitre 22 x Chapitre 23 x Chapitre 24 x Chapitre 25 x Chapitre 26 x Chapitre 27 x Chapitre 28 x Chapitre 29 x Chapitre 30 x Chapitre 31 x Chapitre 32






Stradivarius et Gibson : L'accord parfait Tome II- FINI
 
Bill part en tourné avec le groupe. Mais qui est ce japonais qui gravite autour de lui? Quelle rôle joue la demoiselle rousse?
 
          Chapitre 1  x Chapitre 2 x Chapitre 3 x Chapitre 4 x Chapitre 5 x Chapitre 6 x Chapitre 7 x Chapitre 8 x Chapitre 9 x Chapitre 10 x Chapitre 11 x Chapitre 12 x Chapitre 13 x Chapitre 14 x Chapitre 15 x Chapitre 16 x Chapitre 17 x Chapitre 18    x     Chapitre 19   x   Chapitre 20   x   Chapitre 21  x   Chapitre 22  x   Chapitre 23   x   Chapitre 24   x   Chapitre 25   x   Chapitre 26   x   Chapitre 27    x   Chapitre  28   x   Chapitre 29  x   Chapitre 30




Stradivarius et Gibson : L'accord parfait Tome III ( FINI) + Epilogue
 
Bill découvre les joies de la maternité au côté de Tom. Mais est-ce que tout est vraiment terminé?
 
Chapitre 1  x   Chapitre 2  x   Chapitre3  x  Chapitre 4   x   Chapitre 5  x   Chapitre 6   x   Chapitre 7   x   Chapitre 8   x   Chapitre 9   x   Chapitre 10    x  Chapitre 11   x   Chapitre 12   x  Chapitre 13    x    Chapitre 14  x   chapitre 15    x   Chapitre 16 x  Chapitre 17   x  Chapitre 18  x  Chapitre 19   x  Chapitre 20 x   Chapitre 21  x   Chapitre 22   x   Chapitre 23   x    Chapitre 24   x  Chapitre 25   x  Chapitre 26  x  Chapitre 27   x  Chapitre 28  x   Chapitre 29    x   Chapitre 30 x   Chapitre 31   x  Chapitre 32   x  Chapitre 33  x   Chapitre 34    x   Chapitre 35   x   Chapitre 36  x  Chapitre 37
 



  BONUS :



 
Look at you
 
Une collaboration entre TH et un autre groupe fait la une des journaux. Mais comment cette idée a-t-elle vu le jour? Quel est le rôle de Bill dans la quête du Tout? 
 


Le plaisir de ton corps
 
 
 
Bill rentre de trois jours de concert avec l'orchestre de Munich. Il retrouve Tom chez eux dans une situation embarrassante. mais qui peut se révéler avoir de nombreux avantages....lol





FICTION



La vie, le bonheur, le plaisir....C'est quoi? (FINI) 
(en collaboration avec Za')



Tom, infirmier chef dans un hopital, percute un soir d'hiver la vie d'esclave de Bill. Comment va-t-il l'apprivoiser? Que cache le jeune homme comme passé? A-t-il un futur près de Tom?



Prologue   x   Chapitre 1   x   Chapitre 2    x   Chapitre 3   x    Chapitre 4   x   Chapitre 5    x   Chapitre 6   x   Chapitre 7   x    Chapitre 8  x    Chapitre 9   x   Chapitre 10      x   Chapitre 11   x   Chapitre 12    x    Chapitre 13  x    Chapitre 14     x    Chapitre 15  x    Chapitre 16   x    Chapitre 17     x    Epilogue




Vignettes :


 

Lettres :
 
 
Bill écrit à sa mère et lui raconte ses impressions devant ses tenues de scène....
 

Gustav se dévoile à Bill a travers quelques mots.....




..........

Tags : sommaire - écriture - TH

Annuaire 17/10/2009

 
Voila les annuaires où je suis inscrite,merci de voter pour moi.

AnotherGlance
Psychodelique-Annuaire

Tags : Annuaire fiction - TH

(OS) Summer Adventure 16/09/2009

 







Summer Adventure



« Les passagers du vol 743 à destination de Nairobi sont attendus porte A »

Enfin ! Mon vol est sur le départ. Je me lève de cette chaise peu confortable, récupère mon sac de voyage de la main droite, l'étui de mon violon de la main gauche et me dirige d'un pas assuré vers la porte d'embarquement. Comme à chaque fois, une légère appréhension me chatouille l'estomac mais elle est vite remplacé par la joie de retrouver mes parents et mon frère jumeau, tom.

Moi, c'est bill Kaulitz, jeune homme au look androgyne de presque 17 ans. Je vais passer mon été au Kenya. Mon père, Jorg Kaulitz est photographe animalier pour le WWF et depuis 1 an il est en poste sur la Réserve du Masaï-Mara au Kenya. Ma mère Elena Kaulitz est chercheuse scientifique aussi pour le WWF. Mon frère et moi avons grandit entre bateau, jungle, forêt, montagne et volcan au rythme des déplacements de nos parents.
Mais depuis quatre ans, pour nous assurer une scolarité normale, nous étions tous deux sous la responsabilité de nos grands-parents berlinois.
Il y a dix mois, peu après notre anniversaire, Tom a craqué, la pression urbaine, le lycée, l'ont conduit vers une tentative de suicide alors mes parents l'on repris avec eux. J'ai hâte de le revoir. J'ai eu des nouvelles mais pas énormément. Le territoire Masaï n'est pas relié par fibre optique.
Je m'assois dans mon siége et boucle ma ceinture de sécurité. J'extirpe de mon sac mon i-pod, vérifie que mon violon ne craint rien, met mes écouteurs sur mes oreilles et lance la musique.

Le trajet c'est bien passé. Me voilà sur le sol Kenyan. Maintenant il s'agit de retrouver les miens dans la population cosmopolite d'un des plus grands aéroports africains. Je m'avance vers le tapis roulant pour récupérer mes deux énormes valises puis chargé comme un baudet, je prends la direction de hall d'entrée. J'aperçois au milieu de la foule une pancarte portant mon nom. Mes parents ont pensé à tout. Je m'élance mais me stoppe, interdit, à quelques mètres de la personne qui tient le panneau. Un inconnu. Une profonde déception s'empart de moi, ils ne sont pas venus. Mon c½ur qui s'était emballé à l'idée de les revoir se sert dans ma poitrine et une boule se loge dans ma gorge. Une larme s'échappe de mes yeux. Je la laisse couler. A quoi bon cacher sa peine.
Je reprends ma progression en examinant de la tête aux pieds celui qui va me conduire sur la réserve. C'est un européen, cheveux mi-longs retenus en catogan, un chapeau sur le crâne, le visage avenant, de taille moyenne, assez costaud, vêtus d'un treillis, à sa ceinture est accroché un étui à pistolet. On m'a envoyé un ranger du parc. Je m'arrête en face de lui et tends ma main.

-C'est moi, Bill Kaulitz.
-Salut Bill, moi c'est Georg, un des garde du corps de ton père.


Il me serre la main en souriant puis ce penche pour saisir une de mes valises.

-Comment ça garde du corps ? Vous n'êtes pas ranger ?
-Suis moi, Bill, nous parlerons de ça dans le biplan du WWF.


Surpris et un peu inquiet de tous ces mystères, je lui emboîte le pas. Une multitude de questions tourne dans ma tête. Pourquoi ne sont-ils pas venus m'accueillir ? Pourquoi des gardes du corps ? Dans quoi mon père s'est-il encore embarqué ? Perdu dans mes interrogations et mes folles extrapolations, je réalise à peine que nous avons rejoins l'avion qui en 70 minutes assure la liaison entre Nairobi et la réserve animalière. Mais Georg m'entraîne plus loin sur le termak de terre de l'annexe de l'aéroport.
Je ne peux m'empêcher de poser des questions.

-On ne prend pas la navette ?
-Non Bill, le WWF a mis a dispositions de tes parents un zingue avec pilote.
-Waouh ! Et on va où exactement ?
- Direction Musiara Gates, la porte nord du Masaï-Mara. Sur place nous récupérons la jeep pour encore cinquante kilomètre en pleine brousse pour gagner le village Masaï de Ouadinou.


Je grogne pour la forme, mes fesses n'ont pas finit de souffrir. 50 Kilomètre en Jeep, l'horreur absolue.
Mais quand je vois le petit avion, mes fesses me paraissent bien secondaire car vu l'état du coucou, il y a peu de chance qu'elles connaissent le tape-cul du véhicule. Humour noir, je sais. Comment un truc pareil peut voler ? Réponse : un miracle. Je suis plus que surpris de l'état de délabrement de l'appareil. Georg semble s'en rendre compte.

-T'inquiète petit, Gustav pourrait faire voler une cafetière.

Je souris de sa blague pourrie quand une personne pour le moins atypique s'extirpe de la carlingue. Assez petit, costaud, le cheveu court et blond, vêtus d'un short kaki, un marcel blanc sur le dos, une casquette sur la tête et les yeux cachés derrière d'immenses lunettes de soleil. Néanmoins se qui surprend le plus, c'est l'immense tatouage sur son bras droit : La vierge marie portant l'enfant Jésus.

-Ah ! Tu l'as trouvé !
-Ouais, mec. Bill je te présente Gustav, notre pilote, chauffeur et cuisinier.


Je tends la main vers l'homme et il me la serre.

-Enchanté, petit. On embarque, décollage dans 5 minutes.

Ben, ça a le mérite d'être clair. Je monte dans le petit appareil. Gustav me désigne du doigt le fauteuil où je peux m'asseoir.

-Eh ! Il vole vraiment ? Tentais-je.
-Très bien, petit, ne t'inquiète pas pour ça. Il ne paye pas de mine mais il marche au poil.
-Ah !


Il part s'installer derrière le levier de commande, pendant que je vois Georg actionner l'hélice. Un court dialogue s'instaure entre Gustav et la tour de contrôle puis notre biplan s'engage sur la piste de terre non sans que Georg soit monté à bord. Je ne peux m'empêcher de me cramponner au dossier et de prier tous les dieux du monde. Contre toute probabilités, après quelques centaines de mètre de course contre l'apesanteur nous quittons la terre ferme. Gustav lance un cri de victoire, Georg part dans un fou rire et je lâche un soupir de soulagement.
Je me rends très vite compte que toute conversation est inutile. Le bruit du moteur est tout simplement assourdissant. Je m'enfonce dans mon siège et tourne la tête pour me perdre dans la contemplation du paysage qui défile sous nos ailes.
Après un peu plus d'une heure de trajet, Gustav nous pose sans à-coup sur la piste de terre près de Musiara Gates. Je me lève de mon siège mais Georg me stoppe dans ma progression.

-Reste assis bill. Gustav va aller récupérer la jeep. Tu attends dans l'avion.
-Ah ! Mais...
-Il n'en a pas pour longtemps.


Puis je vois Goerg sortir et se posté devant la porte de coté une main sur son pistolet. Dire que je suis intrigué est un faible mot. Je ne comprends rien. Serais-je en danger ?
Gustav ne met que quelques minutes à revenir avec le 4x4 qui a l'air de manufacture récentes. Mes fesses ne souffriront pas trop.
Georg me fait alors descendre de l'avion et m'indique où m'asseoir dans le véhicule. Puis il me tend une bouteille d'eau pendant que Gustav décharge et ferme le biplan. Je me désaltère avec plaisir d'autant que je commence d'avoir chaud avec mon jeans. Vivement que je me change.
Georg s'installe à coté de moi, Gustav au volant. Nous prenons la route. Devant la conduite souple du tatoué, je ne tarde pas à me détendre. Je décide de poser les questions qui tourbillonnent dans mon esprit.

-Euh...Georg...Pourquoi papa a besoin d'un garde du corps ?
-Pas un mais trois Bill.


Je le fixe incrédule.

-Trois... Mais pourquoi ?
-Il y a un mois ton père a photographié des braconniers en pleine action. Ces types avaient tué
un éléphanteau et était en train de découper ces courtes défenses. Grâce aux photos, les
rangers ont arrêté quatre hommes sur les sept photographié. Les trois derniers courent
toujours. Ils ont vus ton père ainsi que ton frère. Tes parents sont en danger et toi aussi
d'ailleurs. C'est pour cette raison que je suis venu te chercher.

-Mais...moi...j'ai rien fait...et Tom ?
-Ton frère est protégé par un sortilège masaï, une sorte de bénédiction, il te racontera. Les braconniers ne sont pas assez fous pour encourir la colère du chamane de la tribu.

-J'y comprends rien....
-Tu comprendras quand tu le verras, intervient Gustav. Ton frère a changé, il s'est transformé en 10 mois.
-Ah ! Et moi...
-Pour les braconniers, tu n'es ni plus ni moins que le fils d'un couple blanc qui milite pour la cause animale, bref des enquiquineurs.


Dire que je voulais des réponses. De quelques questions, je suis passé à un million et elles ont toutes
le même sujet : TOM.


Mes réflexions m'accompagnent pendant l'heure qui suit au point que j'en ignore le paysage et la faune que nous croisons. Ce n'est que le coup de klaxon de Gustav qui me ramène à la réalité quand nous arrivons devant la maison à l'aspect coloniale de mes parents.
Ma mère s'approche déjà. Je sors de la voiture et cours vers elle pour me blottir dans ses bras.

-Maman....
-Mon chéri...que je suis heureuse de te voir....
-Maman...tu m'as manqué....


Elle m'embrasse très fort sur la joue prolongeant notre étreinte. Que c'est bon de retrouver les bras protecteur et aimant de sa mère. Je me détache doucement d'elle et la regarde. Elle est toujours aussi belle. Un bronzage parfait fait ressortir l'éclat ambré de ses yeux. Elle a le teint radieux.

-Bill....

La voix grave de mon père m'interpelle. Je me tourne vers lui pour me jeter à son cou.

-Papa....
-Mon grand .....Tu as fait bon voyage ?
-Oui papa....toi aussi tu m'as manqué....c'est bon de vous revoir.


Je le regarde puis tourne la tête vers la droite puis la gauche. Je cherche des yeux mon frère, me persuadant que mon c½ur a tort quand il m'hurle qu'il n'est pas là. Ma mère me reprend contre elle.

- Bill...Tom n'est pas là...
-Il est où ?
-Ton frère est partit chasser ce matin avec Naya. C'est....
-Non, maman ne rajoute rien. J'ai compris.
-Bill...je...


Soudain la colère et la jalousie remplacent la peine. J'explose de rage devant les personnes rassemblées.

-Putain...dix mois...dix long mois qu'on s'est pas vu....et lui...cet abruti....préfère faire le joli c½ur avec une pouf plutôt que de m'accueillir...quel con !
-Mais Bill, tente mon père. Naya....
-Rien à foutre de cette conne. Où est ma chambre ?
-Troisième porte dans le couloir, murmure ma mère.


Je récupère mes valises et pénètre dans la maison en maudissant mon frère et toutes les poufs de la création. Je trouve sans problème la chambre qui m'est destiné pour me laisser tomber sur le grand lit qui trône dans la pièce.
Ma colère retombe tout doucement. Je me sens si seul soudain, comme abandonné, trahis par mon double. Je ne suis pas prêt de lui pardonner cette souffrance qui m'habite. Etre avec une fille le jour de mon arrivée alors qu'on ne s'est pas vu depuis des mois.
-Putain...putain...quel crétin...
Il faut que je me calme sinon je vais me mettre à pleurer et ça hors de question. Je ne lui montrerais pas ma peine. Je me relève, change mon jeans contre un pantalon en lin ample, mon tee-shirt contre une saharienne légère et sort mon violon de son étui. Il a été mon meilleur ami pendant dix mois, je crois qu'il va l'être encore un peu. Je le calle sous mon menton, prends mon archer dans la main droite et me laisse emporter par la mélodie. Les notes se suivent tantôt lentes, tantôt rapide comme une représentation des sentiments qui m'assaille. Je joue ma colère, ma peine, ma solitude, l'amour que je lui porte mais surtout son absence. Je ferme les yeux et l' « Ave Maria » de Schubert m'envahit.
C'est un feulement rauque qui m'arrête en plein crescendo. J'ouvre les yeux pour croiser deux orbes verts installés sur mon lit. Deux opalescents qui appartiennent à un guépard. Certes magnifique mais guépard quand même.
C'est le rire suave de mon jumeau qui me fait tourner la tête. Oublié le fauve.

-Tom...
-Salut petit frère.
-Connard....
-Je te l'avais dit Naya, ce n'est pas gagné.


Non seulement, il est pas là a mon arrivé, j'ai un guépard bien vivant sur mon lit et en plus il a le culot d'avoir ramener sa copine. Je vois rouge. Je m'approche de lui pour lui balancer mon poing dans l'estomac, enfin essaye parce qu'il me stoppe et me prends contre lui.

-Billou, sois pas bête...Naya, c'est elle.

De son doigt, il pointe mon lit où la dénommée Naya s'est gentiment installée.

-Elle....comprend rien....mais....

Quand je réalise, que mon frère est torse nu, en short et pied nu devant moi, je m'écarte de lui. Je le fixe incrédule. Mon dieu qu'il a changé. Il s'est musclé, sa peau est doré par le soleil, ses dreads ont poussées et il arbore un tatouage sur le torse : une tête de guépard. Il est sublime, d'une beauté a coupé le souffle. Je m'approche de lui, une bouffée de désir au creux du ventre, et pose mon doigt sur la peau marqué. Nous frissonnons tous les deux.

-Tu m'expliques ?
-Plus tard, Billou...Je prends une douche et je reviens. Je te laisse avec Naya. Tu m'as manqué, Macky.


Je fonds à l'entente de mon surnom et me jettes dans ses bras. Je niche mon nez dans son cou, respire à fond son odeur, un mélange sauvage de lui et de nature. Un sourire étire mes lèvres, j'ai retrouvé mon frère. Les explications ne sont pas primordiales, on verra plus tard.

Réponses que je n'ai pas eu ce jour là car nous avons vite été appelé pour mon premier repas en famille depuis longtemps. J'y ai fait la connaissance de l'ensemble des résidants de la maison. David et Andréas, les deux derniers gardes du corps, le premier aussi brun que l'autre est blond, l'un calme, l'autre extravagant mais chaleureux tous les deux. Amina, la cuisinière avec Gustav, d'origine Masaï, au regard malicieux. Kevin, l'assistant américain de maman, aux blagues plus étrange que celle de mon frère. Tout ce petit monde m'a accueillie avec joie.







[...]
Trois semaines que je suis là et j'ai renoncé à avoir des explications car malgré mes questions, Tom ne me dit rien. Alors je profite simplement de sa présence. Nous faisons de folles excursions qui commencent avec le lever du soleil. J'ai retrouvé mes instincts d'enfant de la nature. Et ne cesse de m'émerveiller devant la beauté des paysages de la réserve et de ces animaux. J'ai appris à composer avec Naya et la place qu'elle tient auprès de mon frère ne m'efface en rien. Je suis juste possessif, c'est comme ça. Le soir, Tom s'installe au piano, moi je prends mon violon pour offrir un moment de détente et de poésie à toute la maison. De vraies vacances.

Le manteau noir et argenté de la nuit a recouvert la réserve. Accoudé à la barrière de la terrasse, j'observe la lune dont les pâles rayons éclairent les arbres non loin. Une brise légère me caresse la peau. Tout est calme, si tranquille.

-Macky...

Un sourire étire mes lèvres, mon frère vient de me rejoindre pour s'installer sur la balancelle. Je m'écarte de la balustrade, me tourne vers lui et plonge mon regard chocolat dans ses yeux si semblable.

-Viens t'asseoir à coté de moi, petit frère.

Je m'exécute et me pose contre lui. Il me regarde quelques secondes, lâche un soupir puis prend mes mains dans les siennes. Son front se pose sur le mien et nos nez se frôlent dans un baiser esquimau. Un léger rire m'échappe.

-Tommi...qu'est-ce qu'il y a ?
-Quand tu es arrivé, tu m'as posé des questions....
-T'y as pas répondu....
-Oui....je sais....c'est parce qu'il y a pas de mots pour expliquer ce qui me lie à Naya. Il faut le vivre pour comprendre.
-Et ?
-Quand je suis arrivé ici, j'étais perdu. Vraiment perturbé. Je venais de tenter de me suicider et ça n'allait pas fort.
-Je sais...j'aurai du venir avec toi...
-Non Bill. Tu avais tes cours....c'était bien comme ça. Bref, papa et maman m'ont beaucoup aidé bien sûr. Mais j'ai rencontré quelqu'un....la chamane des Masaï...c'est elle qui m'a la plus aidé...elle qui m'a permis de comprendre, d'accepté.....de savoir ce que je voulais pour mon avenir.


Je ne dis rien et me contente de respirer le même souffle que lui. Nous sommes si proche. Son parfum m'envahit, chamboulant mes sens.

-Je t'ai beaucoup observé ces derniers jours. Je voudrais que tu la rencontres. Pour que toi aussi tu saches.
-Que dois-je savoir, Tommi ?
-Ce qu'habite ton c½ur, tes sentiments et ta destinée.


Je m'écarte de lui à l'entente de ces mots. Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Aurait-il compris ? Il remarque mon air paniqué.

-No stress, Bill. Je ne te laisse pas, tout ira bien. Je te le jure.
-Mais ...Tommi....on peut pas connaître son avenir....c'est pour les gonzesses ces délires. Et mes sentiments.....


Je baisse la tête honteux et les joues en feu.

-Non, Bill, me répont-il en rigolant. Je ne te parle pas de truc de voyance ou d'horoscope. C'est plus profond, plus intime en quelque sorte.
-Comprends pas.....
-Justement, je te propose de comprendre, partant.


Je pèse le pour et le contre puis hoche la tête, soudain incapable de parler, une étrange angoisse me nouant la gorge. Tom sourit, me prends la main. Nous quittons la maison pour nous enfoncer au c½ur de la savane, Naya sur les talons.
Pendant une heure nous avons progressé dans la nuit noire au rythme de nos respirations. Sa main n'a pas lâché la mienne. Nous n'avons échangé aucun mot.
Nous sommes maintenant devant une hutte de bois au sommet d'un tertre rocheux. Tom s'avance et frappe un coup sec sur le panneau servant de porte. Ce dernier s'ouvre. Une vieille femme apparaît. De longs cheveux blancs, une peau ridée par l'âge et le soleil, vêtue d'une ample toge, un collier de pierre ornant sa poitrine se découpe sous la lune. Puis son regard d'obsidienne se pose dans le mien. Je déglutis bruyamment, la peur au ventre. Cette femme est pour le moins étrange et son regard insondable, elle a lu en moi, découvrant les secrets de mon c½ur.

-Tom, Bill, je vous attendez, énonce-t-elle de sa voix rocailleuse. Entrez, mes enfants. Toi aussi Naya. Ton humble serviteur est heureux de te recevoir.

La guéparde feulent doucement, se frotte aux jambes de la chamane et va s'installer sur une natte de joncs dans le fond de la hutte. Tom me tire à sa suite. Je me retrouve assis en tailleur devant un feu de bois. La prêtresse s'assoit en face de nous deux.

-Je veux qu'il sache, commence mon frère.
-Tu sembles bien sûr de toi, jeune guépard.
-Oui, je suis sûr de moi, nous sommes identiques.
-On dirait en effet. C'est d'accord.


J'ai suivi leur échange interloqué. La peur ne m'a pas quitté et la sensation que cette nuit je joue une partie de ma vie s'y est rajoutée.

-Euh...Tommi...ce passe quoi là ?
-Rien de grave, enfant, me répond la chamane. Tu vas comprendre. Bois.


Elle me tend un bol de terre cuite dans lequel tourne un liquide de couleur indéfinissable. Je tire une grimace de dégoût puis regarde mon frère.

-Bill, aie confiance. Tout ira bien. Je suis là.

Il en a de bonne lui. Avoir confiance devant une vioque et une mixture qui a l'air infecte.

-Tom, je ne peux pas.

Mon frère me prend le visage entre ces mains pour me regarder intensément.

-Macky, tu n'as pas à avoir peur. C'est un court voyage, une introspection, rien de plus. Je t'aime.
-Mais...
-Chut, on en parle après.


Il pose ses lèvres sur les miennes en une douce pression. Je ferme les yeux pour profiter de ce doux contact. Une litanie étrange se fait entendre.

Un grognement sourd me fait sursauté. J'ouvre les yeux. Mon dieu, tout a disparu, mon frère, la chamane, Naya, la hutte, tout.... Je suis sur une falaise au dessus de l'océan, à coté de moi se tient un immense guépard. Il tourne la tête vers moi, nos regards se croisent. Comme avec la chamane, les yeux émeraude de l'animal mettent mon c½ur à nu.

-Ton voyage commence Bill.

A l'entente de cette voix surréaliste, j'ai un bond de frayeur tandis qu'un rire doux et apaisant ce fait entendre.

-N'ai pas peur enfant, je suis un bon esprit, un esprit protecteur.
-Mais....Tom....
-Ton frère a fait le même voyage. Deux corps pour une âme.
-Ah....Je...
-Ne dis rien, vois, vies, ressent. Cette nuit est la tienne.


Son museau se pose dans la paume de ma main et en un instant je me retrouve plongé dans un tourbillon de couleur. Tous doucement se dessine des formes, des ombres, je devine des souvenirs enfouis de moi et tom. J'entends les conversations, revit mes émotions du moment, mes sentiments à l'égard de mon jumeau m'apparaissent avec une acuité extraordinaire. Dans ce kaléidoscope de sons, d'images, de sensations je comprends que mon frère et moi sommes plus que liés.

-Bien Bill.

Toujours la même voix si étrange.

-Nous sommes jumeau, c'est normal d'être liés.
-Oui, c'est vrai mais n'as-tu rien remarqué ? Ou devrais-je dire n'as-tu rien a avouer ?


Je rougis jusqu'à la racine des cheveux en détournant la tête.

-Je.....Je l'aime.

J'ai dit ces mots dans un murmure. Mon plus grand secret qui habite mon c½ur depuis mes 14 ans sonne comme une promesse d'éternité dans cet étrange monde onirique.

-Parfait. Ta sensibilité te fait comprendre les choses plus vite qu'à Tom.
-Ah !...
-Oui, ton frère a eu du mal avec ses sentiments et encore aujourd'hui, il faut que je l'aide.
-Naya...
-Oui, Bill.


De nouveau nos regards se croisent, la vérité m'apparaît. Les morceaux du puzzle se mettent en place : la protection, le tatouage, le lien entre elle et mon frère.

-Tu es....non...c'est impossible...
-Précise tes pensés Bill.
-Tu es une partie de son âme.
-Oui, Bill. Je suis un esprit qui habite le corps de Naya. La chamane m'a appelé pour protéger Tom, le guider, le conseiller au mieux.

-Mais....
-Ton frère a besoin de toi, de ton soutien, de ton amour, de ta présence à ses côtés.
-Mais je l'aime, c'est....
-Rien de mal, Bill. L'amour ne connaît qu'une seule règle, celle du c½ur. Est-tu prêt à tout pour lui ? L'aimes-tu suffisamment fort ?
-Oui.
-Alors ça peut commencer.


Une pression formidable me pousse en avant. Je bascule dans le vide en criant.

J'ouvre les yeux pour croiser aussitôt le regard chocolat de mon frère penché sur moi. Ma tête repose sur ses genoux.

-Bill, ça va ?
-Ouais...ça peut aller.
-Alors...qu'est-ce que t'as vu ?


Je souris devant sa curiosité et décide de le faire mariné un peu. Sadique, je sais.

-C'est quel heure ?
-Bill.....


Son ton énervé me fait rire.

-J'ai vu des souvenirs de nous deux, Naya m'as parlé ....surtout...je me suis rendu compte que mes sentiments étaient vrais....et partagés.
-Ah ! ....Quels sentiments ?

Je me redresse pour me mettre face à lui. Je le regarde, sa beauté me fascine. Je remarque aussi pour la première fois sa fragilité que l'esprit a sous-entendue. Un charmant mélange qui m'attire comme un aimant. Je m'approche de lui, nos souffles se mélangent.

-Tommi...je t'aime.

Nos bouches se frôlent en un délicat effleurement. Un sourire né sur nos visages. Je me rapproche encore de lui, nos lèvres se trouvent pour un tendre premier baiser. Moment magique et envoûtant. Mon c½ur s'emballe dans ma poitrine. Je nage en plein bonheur.

-Bill...T'est sûr.
-Tom....ça fait deux ans que je suis amoureux de toi, alors oui, je suis sûr.


De nouveau nos lèvres s'accrochent pour un baiser passionnés et amoureux.

-Mes enfants, nous coupe la chamane. Il est l'heure.

Nous nous écartons l'un de l'autre à contre c½urs.

-L'heure de quoi, je demande un peu acide.
-De rentrer, Bill, de rentrer.


Un éclair inquiétant de malice passe dans ces yeux noirs.

-Ouais pas faux, approuve mon frère. Il est 3 heures du mat.

Je bondis sur mes pieds à l'entente de l'heure. Bon dieu, on doit nous chercher.

-No stress, Bill. J'avais dit à ma et à pa qu'on venait là.
-Ah ! Ok, mais on rentre quand même.
-On y va. Au revoir.
-Au revoir tous deux, nous répond le vieille femme en refermant la porte sur Tom et moi.


Tom me prend la main comme à l'aller entamer la descente, Naya ouvrant la marche cette fois-çi.
Nous rentrons sans encombre. Aucun mot d'échangé, juste le contact de nos mains, comme un lien unique, magique, enivrant me fais penser que je n'ai pas rêvé. Nous croisons David, de faction près de l'entrée, qui nous salue et nous souhaite une bonne nuit malgré le fait qu'elle soit plus que bien entamée. Je sens Tom se tendre devant le garde du corps. Il a peur, je pense. Peur que David lise sur nos visages, dans nos yeux la nature inattendus du lien qui nous unis désormais. Bizarrement, je n'ai pas peur d'être découvert. Mon coté rebelle sans doute. Je resserre ma prise sur sa main pour le rassurer, lui montrer que je suis là et nous rentrons dans la maison. Une fois dans le couloir nous nous séparons devant la porte de ma chambre. Tom baisse la tête, sa jambe s'agite, signe de nervosité. Je le prends contre moi et lui souffle au creux de l'oreille.

-Tommi....je t'aimais hier, je t'aime maintenant, je t'aimerai demain encore plus.

Il s'écarte un peu de moi, plante son regard chocolat dans le mien sincère et amoureux. Il m'embrasse alors avec fougue, nos langues se rejoignent dans un ballet endiablé. Le manque d'air nous oblige à rompre notre contact mais un sourire a pris naissance sur nos lèvres rougies. Un dernier smack et nous nous séparons pour la nuit.







[....]
Une semaine a passé. Nous avons repris nos ballades. Elles sont juste devenues plus intimes, plus coquines. Nous échangeons de longs baisers. Nos sages siestes d'autrefois sont maintenant ponctués de douces et sensuelles caresses. Tom a sans cesse besoin que je le rassure sur l'amour que je lui porte. Le frère que je découvre, me déstabilise un peu je dois dire. Je ne pensais pas mon jumeau si fragile et sensible. Il m'avait bien caché cette partie de lui. Je m'explique mieux sa tentative de suicide de l'automne dernier. D'autant qu'il m'a avoue avoir fait ça quand il avait compris la nature des sentiments qu'il me portait. Je crois ne lui avoir jamais autant gueulé dessus mais un long baiser nous a vite réconcilié. Nous nous cachons bien sûr mais je suis heureux de voir mes sentiments partagés.

Où suis-je ? Je ne sais. Un brouillard blanc s'accroche à mes cheveux, me filant la chair de poule. J'appelle mais personne ne me répond. Soudain, un frôlement sur ma jambe, je me crispe. Une voix me parvient.

-Bill, il a besoin de toi, vite, vite, VITE.

Je sursaute en ouvrant les yeux dans le noir de ma chambre. Putain, un cauchemard. Je me tourne dans mon lit pour tenter de me rendormir quand je réalise que la cour est éclairée et qu'il y a beaucoup de bruit. Je me lève précipitamment, enfile un tee-shirt et un pantalon. Je panique un peu au souvenir de mon rêve. Puis soudain, une brûlure intense me tord le ventre. J'hurle de douleur. Mais ce n'est pas vraiment moi qui suis mal, mon jumeau est en danger. Mon cri a alerté ma mère qui rentre en trombe dans la chambre.

-Bill, mon chéri, Qu'est-ce qui ce passe ?

Je relève les yeux vers elle pour constater qu'elle pleure.

-Maman....Tom....
-Bill, va falloir être fort. Naya est.....
-Quoi Naya ?
-Georg la retrouvé morte....ton frère a disparu.
-NNNOOOONNNN !!!!!!!


Ma mère se laisse tomber à coté de moi et me prends dans ses bras. Je me laisse aller à pleurer. Ce n'est pas possible, mon frère ne peut pas avoir disparus.
Une voix grave nous fait sursauter.

-Madame Kaulitz, Bill vous ne pouvez pas rester là. Venez je vous emmène ailleurs.
-Bien Andréas, lui réponds ma mère en se détachant de moi.


Elle se relève, me tends sa main. Je la saisis pour me mettre à mon tour sur mes jambes. Partir alors que mon Tom a besoin de moi, hors de question mais je dois trouver un moyen d'échapper à la surveillance d'Andréas. Une idée me vient.

-Je vous rejoins, je prends juste deux ou trois trucs.
-Bien Bill mais fais vite.


Ma mère et Andréas apparemment convaincus que je vais venir, quitte la chambre. Mais c'est mal me connaître. Je me baisse sous mon lit pour récupérer mon sac à dos. Un grognement sourd me fait sursauter et je me cogne contre le montant de mon lit. Je me tourne en jurant. Bon dieu, Naya est là devant moi, bien vivante, ses yeux encrés dans les miens. Je comprends rien.

-Mais....Naya....t'es pas morte....

Un feulement me répond, un sourire prend place sur mes lèvres. Un mystère de plus a éclaircir mais j'ai pas franchement le temps. On verra plus tard. Bon faire mon sac. Je prends la lampe torche qui quitte jamais ma table de nuit, le couteau que m'a donné Tom peu après mon arrivé, la trousse de premier secours de la salle de bains, un tee-shirts et un pantalon de rechange, une bouteille d'eau, des barres de céréales. Je fourre le tout dans mon sac sous le regard perçant du félin. Maintenant sortir sans se faire voir. Je traverse le couloir pour rentrer dans la chambre de mon frère. Mauvaise idée. Il y a du sang partout. Je plaque ma main sur ma bouche pour ne pas hurler et réprimer le haut le c½ur qui me secoue les entrailles. Qu'est-ce qui s'est passé ici ? Pas le temps de s'attarder néanmoins, on verra aussi plus tard. Je me précipite vers la porte fenêtre, la franchit et cours vers la brousse proche, Naya à coté de moi. Je crois que personne ne m'a vu, la chambre de mon frère donnant sur l'arrière de la maison.
Bon c'est bien beau de sortir en douce mais où le cherché, la réserve est vaste. Naya passe alors devant moi. Elle s'engage dans un sentier que nous n'avons jamais pris avec Tom pour la simple et bonne raison qu'il mène directement sur le territoire occupé par les lions du coin. Je ne peux m'empêcher de douter. Naya semble s'en rendre compte car elle me presse d'un grognement.

-C'est bon...je te suis...t'a l'air de savoir où tu vas. Putain voilà que je parle à un gros chat. Oh Tommi....ce que tu m'oblige pas à faire tout de même.

Malgré mes reproches, une sourde angoisse me serre le c½ur. J'avoue sans honte que j'ai peur.
Une heure que je progresse dans le noir. Je n'ai pas sorti la lampe torche pour ne pas me faire repérer de la piste que je sais non loin. Naya avance vite, je suis obligé de marcher à un rythme soutenu me tordant la cheville tous les trois pas sur les pierres.
Nous avons passé le territoire des lions et rejoins le bord de la rivière. Naya avance plus doucement mettant fréquemment la truffe au ras du sol. Elle cherche une odeur, je crois. Elle semble avoir trouver car elle repart en feulant doucement. Je lui emboîte le pas. Nous nous écartons du cours d'eau pour rejoindre l'amas rocheux qui borde la piste s'avançant en éboulis vers de petites grottes. Naya se stoppe à l'entrée du détroit derrière un des rares arbres rabougris du coin. Je m'accroupis à coté d'elle, sors la bouteille d'eau du sac et en bois de longues gorgées. Ca fait du bien. Bon, maintenant analysé la situation. Je me redresse légèrement, écarte les maigres branches de mon abri pour jeter un coup d'½il aux grottes non loin.
De l'une d'elles, de la lumière apparaît par intermittence. Je les ai trouvé. Je flatte le flanc de Naya pour la remercier et me rassois. Réfléchir.
Le mieux serait de ramper près de la grotte. Il n'y a personne en vue. Ils doivent ce penser à l'abri. Ce qui m'arrange grandement.

-Naya....on va ramper jusqu'à la grotte....ok...j'ai des habits foncés, pas de risque qu'on me vois....toi...sois discrète.

Oh lala lala. Je parle au guépard de mon frère. Je perds la boule. Trèves de conneries faut agir.
Je repositionne correctement mon sac sur mon dos et me met à plat ventre. Naya s'aplatit à coté de moi. Nous entamons une lente progression. Je m'écorche les coudes et les genoux sur les aspérités du terrain. Il me faut un long moment pour parvenir près de leur repère. Je me dissimule derrière un rocher. J'ai mal à tous mes muscles. Ce genre d'exercice tue.
Je regarde par-dessus le rocher et les vois. Deux énormes 4x4 garés dans la cavité dont les feux éclairent quatre hommes qui s'agitent autour d'énormes caisses de bois. Je devine sans mal que ces caisses renferment leurs butins. Ils lèvent le camp. Mais où est mon frère ?
Naya me saisit doucement le poignet avec sa gueule m'obligeant à tourner la tête. Et là je le vois. Il est enfermé dans une cage dans la grotte d'a coté. Ce n'est malheureusement pas le seul occupant. D'autre cage, six en tout, d'après ce que je vois. Dans chacune d'elle, un grand félin endormit, sûrement de façon artificielle pour faciliter leur transport.
J'ai as peine finit de tirer mes conclusions qu'un camion à plate forme fais son apparition au bout de la ravine. Il s'arrête et le conducteur descend rejoindre les autres. Leur départ est vraiment imminent.
J'ai peu de temps pour sortir mon frère de là. Comment faire, là est la question ?
Naya me donne la réponse car elle s'élance en grognant vers les individus. Je profite de la diversion m'élançant à mon tour. Je cours jusqu'au camion, m'accroupis pour ramper dessous sur toute sa longueur pour ressortir au niveau des roues arrières. Mes estimations s'avèrent exacte, je suis juste à côté de la cage de mon frère. Je m'avance discrètement.
A côté, Naya est rentré dans la grotte, ses grognements résonnent contre les parois. Les braconniers ont l'air décontenancé par cette soudaine apparition.
Le problème, c'est que le raffut qu'elle fait commence de tirer de leur léthargie les occupants des cages car déjà les premiers feulements inhospitaliers se font entendre. Je dois faire vite.
Je me stoppe devant les barreaux de fer et appelle doucement mon frère. Aucune réaction. J'observe la porte munie d'un verrou. Je tire de mon sac le couteau que j'ai emporté, l'enfonce d'un coup sec dans la serrure. Puis j'exerce une forte pression en vrille. Un bruit de ressorts se fait entendre. La serrure a lâché.

-Trop fort....

J'ouvre la porte en vitesse me précipitant auprès de mon frère. Il n'est pas beau à voir. Son visage est tout tuméfié, son bras saigne et son torse est couvert d'ecchymoses. De plus, il semble évanoui. Je le secoue et réussit à lui tirer un grognement. Je réitère mon geste, il ouvre les yeux.

-Bill...
-Chut...Tommi....je vais te sortir de là....essaye de te lever.


Il optempére, je l'aide au mieux. Je passe un bras autour de sa taille, pose son bras valide sur mes épaules. C'est parti.
A côté, Naya continue de se faire remarquer en attaquant les hommes.
Je me glisse de nouveau sous le camion traînant Tom à ma suite. Chaque mouvement lui arrache un juron de douleur.
Nous sommes au milieu de notre progression quand je vois arrivé d'autres véhicules toux feux allumés. Soudain, un coup de feu éclate. Je me fige, Tom aussi. Pourvu que..... Mais pas le temps de plus pensé qu'une série de claquement se fait entendre. Une voix métallique amplifiée par mégaphone résonne dans le ravin. Je pousse un soupir de soulagement. J'ai reconnu la voix de David. On nous a trouvés. Sauvés.
Il aura fallu un quart d'heure pour arrêter tous les braconniers. Là, nous sommes dans la jeep et Georg nous ramène à la maison. Tom a posé sa tête sur mes genoux. Il s'est endormis perclus de douleur. Evidemment je me suis pris un sacré savon ou mon inconscience a été montrée du doigt. Naya est couchée à l'arrière. Je somnole en me disant que mon premier mois de vacances se finit de façon plus tôt mouvementée, que si ça continue, je ne vais pas y survivre. Ma réflexion me tire un sourire que Georg vois dans le rétroviseur.

-Parce qu'en plus, tu trouves ça drôle.

Là, c'est plus fort que moi, je pars dans un fou rire. Georg me regarde comme si j'étais fou marmonnant dans sa barbe : « à ces jeunes ».







[...]

Depuis quatre jours, je joue au garde-malade avec mon frère. Le médecin venu de Nairobi, par hélicoptère, après l'incident avec les braconniers, a préconisé une bonne semaine de repos. Alors je me suis promu infirmier. Pour mon plus grand plaisir et celui de Tom, cela va sans dire. Je suis au petit soin pour le patient le plus sexy de la planète de mon point de vue, bien sûr.
Je viens de l'installer sur la balancelle, confortablement calé par de moelleux coussins. La fatigue due à sa blessure au bras et aux hématomes le fait dormir une bonne parti de l'après-midi. Et aujourd'hui ne fera pas exception. Ses yeux chocolat se ferme déjà sous l'influence du doux balancement du portique.
Je m'installe à coté de lui dans un fauteuil, un livre à la main. Mon idée première est de lire mais mes yeux se posent sans cesse sur son visage. Les séquelles du combat qu'il a mené s'estompe tout doucement. Son beau visage retrouve son éclat. J'en redessine le contour. La courbe gracieuse de son nez, le galbe délicat de ces lèvres pleines, les taches de rousseur qui orne ses joues, la délicatesse de son grain de peau, autant de détail que je grave dans ma mémoire comme le plus précieux des trésors. Notre amour ne faiblit pas et malgré la présence de nos parents, nous nous embrassons aussi souvent que possible. Nous dormons même ensemble car Tom collectionne les cauchemars depuis son enlèvement.
C'est un peu normal aussi. Ces fous ont égorgé un animal devant lui avant de le rouer de coups. Mon frère s'est fait prendre sur le chemin du retour. Comme chaque soir, il avait accompagné Naya sur son territoire de chasse. C'est un autre guépard qu'ils ont tué puis ils l'ont emmené. L'un d'eux est venu jusqu'à la maison balancer du sang dans la chambre de mon jumeau. Le but était de faire croire que Naya et lui s'était battus. Mais Andréas l'a vu et à donner l'alerte.
Papa d'ailleurs ne les a pas renvoyé. Il a estimé plus prudent de les garder ici car selon ces dires, je suis trop casse-cou pour rester en un seul morceau jusqu'à la fin de mon séjour.

Maman fait son apparition sur la terrasse, la mine soucieuse. Elle se laisse tomber dans un fauteuil en soufflant un bon coup. Je ne peux m'empêcher de porter un doigt à ma bouche dans un « chut » silencieux en désignant ma marmotte préférée. Maman me répond par un sourire, ses yeux ambrés reflétant la fierté qu'elle ressent devant mon attention pour mon jumeau.
Papa arrive à son tour, un plateau en équilibre dans les mains. Il pose le tout sur la table, me tends une citronnade et s'assois à coté de maman qui se loge aussitôt dans ses bras. Comportement qui m'intrigue. Je me lève et vais d'autorité m'asseoir sur les genoux de mon père. Ma réaction l'étonne mais au moins nous pourrons chuchoter sans courir le risque de réveiller Tom.

-Ma, qu'est-ce qui se passe ?
-Rien d'important...Bill.
-Ouais à d'autre. La ride de ton front te trahis maman.

Elle me regarde choquée alors que mon paternel pouffe dans mon dos.

-Dis toute de suite que je suis vieille.
-Mais non...ma...c'est juste qu'elle apparaît quand t'est contrarié.
-Il est observateur notre grand bébé, fait remarquer mon père.
- Je ne suis pas un bébé.
-Dis celui qui prend les genoux de son papa pour un fauteuil.

Il part dans un fou rire. J'hausse las épaule en signe de contrariété et reporte mon attention sur ma mère.

-Alors ?
-Bill, ce ne sont pas tes problèmes.
-Maman, je peux bien savoir, non...
-T'es têtu tout de même.
-oui et j'en suis fier, alors accouche.
-Bien. J'ai reçu un mail de l'antenne de Victoria Lake. Ils ont été cambriolés. Ils me demandent de leur faire passer un peu de mes stocks jusqu'à ce qu'on les ravitaille. Mais je ne peux m'absenter. Les naissances chez les rhinocéros sont imminentes, je ne peux me permettre de les louper.
-Ah ! Et on a piqué quoi ?
-Du matériel scientifique et informatique.
-Mais et Kevin ?
-J'ai besoin de lui....
-Et ben je peux peut-être y aller.
-Bill, tu n'y penses pas.
-Ben pourquoi pas. Si ça peut rendre service.
-Ma chérie, intervient papa. Ce n'est pas une mauvaise idée. Ils peuvent attendre deux ou trois jours que Tom aille mieux. Puis ce n'est pas les choses à voir qui manque là-bas.
-Aller ma, dit oui.


Je lui fait ma moue spéciale chat potté, elle résiste pas.

-Pfff ! C'est d'accord.

Je suis tellement content que je lui saute au cou. Trop cool, mon frère et moi allons voir les chutes Victoria, l'un des plus bel endroit d'Afrique. Et qui c'est peut-être avancé dans notre relation.







[...]

Trois jours plus tard, nous voilà sur le départ. Gustav va nous conduire avec l'avion à la base de Victoria Lake. Georg et Andréas nous accompagnent pour notre sécurité à mon plus grand désespoir. Mais sur ce point, notre père n'a pas cédé. Pour ma part, j'ai déjà l'ébauche d'un plan pour semer nos nounous.
Tom est entièrement remis. Naya, qui ne peut pas nous accompagner, feulent de colère à la vue de nos sacs. Tom essaye depuis dix minutes de la raisonner mais rien à faire. Je dois dire que son accès de rage inattendus me mets plutôt mal à l'aise. Du coup, une légère angoisse me prend au tripe.
Je ne suis pas le seul à angoisser, papa et maman bombardent Georg et Andréas de mille recommandations à notre égard. Andréas a même juré en latin de ne pas nous lâcher d'une semelle. Dingue, non !
Dans le 4x4, les cartons s'entassent. Matériel scientifique, microscopes, ordinateur font le trajet avec nous. Je vais d'ailleurs devoir garder mon sac sur mes genoux pendant la route.
Tom s'installe à coté de moi alors que nos parents nous font leur dernier signe d'au revoir de la terrasse. Georg se case aussi à l'arrière du véhicule, Gustav s'installe au volant, Andréas à ses coté.
C'est parti pour une heure jusqu'à Musiara Gates.
La conversation va bon train. Nous rigolons de l'humour décalé d'Andréas. Mon frère et lui s'entendent bien sur ce point là.
Nous arrivons à la porte nord de la réserve et chargeons le zingue. Je m'étonne devant Gustav de notre nombre et du poids du matériel. Ce dernier me rassure en me racontant un des vols qu'il a fait avec deux lions endormis et cinq personnes. C'est sûr nous ne sommes pas plus lourd.
Tom se moque légèrement de moi mais je sais que c'est pour cacher son appréhension.
Une fois dans l'appareil, Andy nous pose d'office sur les oreilles des casques pour que nous puissions communiquer.

-Euh...il y a un mois, Georg ne m'en a pas donné.
-Exact...on les a eu après.
-Ah ! C'est mieux avec.
-Ouais, ce coucou fait un boucan d'enfer, renchérit mon jumeau.
-Critiquez pas ma merveille, jeunes blancs becs, nous répons Gustav en souriant.


Mon frère et moi explosons de rire. Une merveille, tu parles, une casserole plutôt.

-Attachez votre ceinture, nous demande Georg. On a près de deux heures de vol.

Je soupire de lassitude, ça va être long. Tom me prend la main et me la broye alors que le petit biplan amorce son décollage. Je niche ma tête dans son cou et le rassure en caressant sa peau avec mon nez. Il se détend tout doucement.
Nous avons bien sûr eu droit au cri de victoire de Gustav.
Une heure passe entre conversation et découverte du paysage qui défile sous les ailes de l'appareil.
Je suis particulièrement attentif à ce que Tom boive. La chaleur est assez étouffante entre les plaques de tôle de la carlingue. Je ne voudrais pas qu'il soit malade à l'arrivée. Georg a l'air de penser que j'en fait trop et se moque gentiment de moi.

-Eh ben, Billou t'es une vraie mère poule.
-Je ne suis pas une mère poule. Tom vient juste de se rétablir. On crève de chaud. Je fais simplement attention qu'il ne fasse pas une insolation.
-Merci, Macky.
-De rien, grand frère.


A peine fini ma phrase qu'une explosion se fait entendre. Gustav jure un bon coup.

-C'étais quoi ? demande Andréas.
-D'après le voyant on a pété le système de refroidissement du moteur droit.
-C'est mauvais ou pas, le questionne Georg la mine inquiète.
-Pas très bon, mon pote.


Et là, une deuxième explosion se fait entendre provoquant une embardée du zingue. Tom et moi hurlons de peur. Gustav peine à redresser l'appareil.

- On n'arrivera pas au bout, il faut sauter.
- Non, Hurle mon frère qui a fortement pâlit.
-Du calme Tom. Bill, ça va ?

Incapable de répondre j'hoche la tête à la question d'Andréas.

-Mais...Y a que la jungle en dessous, fais remarquer Georg.
-On va tous mourir.


Mon frère panique totalement et se débat avec sa ceinture pour pouvoir se lever. Andréas l'attrape par les épaules.

-Tom regarde-moi...
- Non, je ne veux pas....

-Tom, regarde-moi, on ne va pas mourir d'accord.

Le regard bleu d'Andréas affronte les orbes chocolat de mon frère.

-Pardon, Andréas, chuchote mon double au bout de quelques secondes.
-C'est rien, Tom. Gustav on est où ?
-Le premier lac est à un mile. Je propose qu'on tente de tenir jusque là, une réception dans l'eau serra moins rude.
-D'accord avec toi, mec.


Puis Georg et Andréas nous passe des gilets de sauvetage pendant que Gustav envoie un SOS avec la radio.

-Bill, Qu'est-ce que t'as dans ton sac à dos, me demande le blond.
- Euh ! Bouteille, livre, I-pod, argent, barre de céréales.
-Parfait, tiens prend ça en plus.


Il me tend un couteau, de la corde et une bâche plastique que je bourre dans mon sac.
Tom ne réagit pas. Il semble anesthésié par la situation. Georg prend son sac et le complète aussi.

-Bon, on va arriver au dessus du lac, nous informe Gustav.
-Les garçons, nous interpelle Andréas. Gus va descendre et ralentir le plus possible. Vous sauterez à l'eau quand je vous le dirais.
-Mais...vous ? Le matériel ? Observais-je.
-Le matos on s'en fout et nous on vous suit.
-Ah ! D'accord....
-Ca va être bon !


Je jette un rapide regard par le hublot pour voir en effet la rive d'un petit lac sous nous.
Un brusque courant d'air me fouette le visage. Georg vient d'ouvrir la porte latérale.
Mon frère semble alors réagir. Il se détache et prends ma main. Je lui fais un faible sourire qu'il me rend.

-Prêt les garçons.

Sans répondre, nous nous levons et avançons plié en deux vers l'ouverture.
Georg nous enlève les casques et fais un décompte avec ses doigts. Le dernier doigt fermé, une poussée se fait sentir dans mon dos me propulsant dans le vide.
J'hurle. Ma main et celle de Tom se détachent. Il hurle aussi. La sensation est effrayante. Rien pour nous retenir. Le vide, l'air, le vent tourbillonne autour de nous en sifflement continu.
Quelques heures ou secondes d'éternité et c'est le choc avec l'eau froide. Brûlure, douleur, tout se mélange dans mon corps. Je me débats pour refaire surface en aspirant une immense goulée d'air. Mon esprit est en pleine confusion. Où suis-je ? Que fais-je ? La panique s'empare peu à peu de moi et se renforce à l'entente d'une lointaine explosion. J'hurle à m'en pêter les cordes vocales. Je ne comprends rien. Dans mon affolement, j'avale de l'eau. Je suffoque, tousse.

-Bill...Bill....

C'est la voix de mon frère.

-Tom...
-Bill....aide moi.....
-Tom...non....


Une vague me submerge, je bois de nouveau la tasse. Je refais surface en crachant. Il faut que je me calme. Et sans m'en rendre vraiment compte, je me mets dans le sens du faible courant. Je me redresse le plus possible et regarde autour de moi. J'aperçois mon frère non loin. Je prends une profonde inspiration pour finir de me calmer. J'attaque un crawl rapide et efficace.
Mon frère se débat dans l'eau. Sa tête disparaît régulièrement. Il se noie. J'accélère malgré la protestation de mes muscles. Je le rejoins au moment où il s'évanouit. Je le saisis par son gilet de sauvetage à moitié dégonflé pour le plaquer contre moi.

-Tom....Tom...putain....réveille-toi....
-Bill...


Je tourne la tête et vois Gustav qui me rejoint en deux mouvements.

-Donne-le moi, Bill...
-Je...non...tom...
-Bill...on le ramène...d'accord.


J'acquiesce et nous le remorquons en direction de la berge. Mes muscles me font mal, j'ai de plus en plus froid. Mes mouvements sont désordonnés. Des larmes coulent sur mes joues. Je dois tenir, ne pas lâcher mon amour.

-Courage, Bill, on y est presque, m'encourage Gustav.
-J'ai mal....
-Je sais, Bill....mais faut tenir.


Un cri m'échappe comme pour me redonner des forces, je bande mes muscles et continue.
Nous nous échouons sur une plage en soufflant fort. Georg et Andréas se précipite pour prendre Tom.
J'ai froid, je grelotte, mes dents s'entrechoquent, mes muscles se tétanisent, je vois trouble et me sens partir.

-Bill...Bill....reste avec nous.

La voix de Gustav me paraît lointaine et faible. Il continue de m'appeler, je m'y accroche. Je fais un effort surhumain pour ouvrir mes paupières qui pèsent très lourd. Il est là au dessus de moi.

-Gustav.....lâchais-je dans un souffle.
-Bill....essaye de bouger....

Je tente en vain de me redresser. Mais échoue. Gustav m'aide et me prends contre lui. Il porte un récipient à mes lèvres et fait doucement couler le liquide. De l'eau. Je bois de longues gorgées me sentant tout de suite un peu mieux.
Il me rallonge sur les galets pour m'aider à retirer mon pantalon et mon tee-shirt. Pour ensuite m'enrouler dans une couverture qu'il tire d'un sachet plastique. La chaleur de la laine m'enveloppe. Je cesse lentement de frissonner.
Gustav me prends dans ses bras et m'emmène près du feu qu'on allumé Georg et Andréas. J'aperçois mon frère couché et enroulé aussi dans une couverture. Ces lèvres sont bleuit de froid, il est pâle et gémit doucement. Gustav me pose à côté.

-T'inquiète pas Bill...Il va bien....Juste un peu fatigué et frigorifié, répond Georg à ma muette question.

Sans plus attendre, j'écarte sa couverture et le prend contre moi. Il est en boxer, comme moi, mouillé. Je lui l'enlève ainsi qu'a moi pour nous enrouler dans les deux couvertures. Mon frère se colle à moi instinctivement. Je le serre dans mes bras, sa tête se loge dans mon cou. Il pousse un soupir d'aise en murmurant mon nom. Je l'embrasse sur la tempe et ferme les yeux. Nous partons rapidement au pays des rêves.

J'ouvre doucement les yeux tiré des bras de Morphée par un chuchotis incessants et de douces et humides pressions dans mon cou. Les baisers de mon jumeau.

-Tom....mmh...
-Chut....Bill....ils vont nous entendre.....


Je me raidis dans ses bras à l'évocation de la présence des gardes du corps. Mon frère est fou. Je me retourne discrètement pour lui fait face.

-Tommi...a quoi tu joue ?
-A rien, juste envie de toi ?


Et il se colle à moi, rabattant les couvertures par-dessus nos têtes. Enfermé dans cet étrange cocon, je me laisse aller. Nos lèvres se trouvent, nous échangeons un long baiser. Tom se place au dessus de moi et nos sexes se touchent nous tirant un gémissement de plaisir.

-Mmmh....Tommi....
-Bill....J'ai envie....
-Mais pas là.....on va se lever....
-Ok....


Mon frère redescend de sur moi me provoquant milles frissons délicieux. Il s'assoit.

-Euh, on est réveillé....

Gustav s'avance vers nous. Nous tendant nos habits qui ont séché. Je remarque à ce moment là qu'il fait nuit.
Tom s'habille puis se lève en s'étirant. Mon frère est un vrai comédien.
Je l'imite et me redresse. Gustav nous tend une bouteille chacun. Je me désaltère avec plaisir.
Maintenant s'éloigné d'ici sans éveillé les soupçons. Mon frère me devance.

-Gus, faut que j'aille au petit coin.
-Pas de souci Tom. Le coin est sûr mais t'éloigne pas trop.
-Des nouvelles de papa et maman ?
-Non. On a allumé un feu sur la plage pour signaler notre présence. Y a pas à s'en faire le SOS a était entendu.
-Ok....Bill tu viens avec moi.

J'hoche la tête, il me prend la main pour m'aider à me lever.
Nous prenons la direction de la jungle. A l'abri des arbres, tom me prend dans ces bras et me serre contre lui, enfouissant son nez dans mon cou.

-Bill....J'ai eu peur....
-Moi aussi...


Je lui rends son étreinte, nous nous rassurons mutuellement quelques minutes. Tom s'écarte de moi, me sourit et capture mes lèvres dans un baiser langoureux. Nos langues dansent ensemble. Nos corps se frottent l'un contre l'autre réveillant notre désir. Plus rien ne compte que ce moment. Je m'abandonne aux caresses de mon frère qui a passé ses mains sous mon tee-shirt. Je frissonne de plaisir. Il est doux sur mes flancs, taquin sur mes tétons durs de désir, joueur sur mon ventre. Un pur délice. Mes mains n'ont pas quittés sa nuque et ce gémis doucement contre ses lèvres entre chaque baiser. Je le sens m'allonger au sol et son corps vient recouvrir le mien. Sa bouche s'égare dans mon cou. Sa langue taquine ma peau sensible. Il relève mon haut et le passe par-dessus ma tête. Je fais pareil pour lui. Torse contre torse, nos peaux en contact, je gémis de bonheur. Mon frère entreprend de découvrir mon corps avec sa langue. Il trace un chemin de feu sur mon épiderme. C'est trop bon.

-Tom.....mmmh.....

Il s'attarde sur mes tétons qu'il suce et mordille pour mon plus grand plaisir. Je donne un coup de rein et nos virilités bien éveillées s'entrechoquent. Nous hoquetons. La fièvre s'empart de nous. Nous ne sommes que gémissements. Mon frère se relève un peu et plonge son regard noisette dans le mien, ses yeux sont noirs de désir.

-Prêt a décollé, Billou....

J'acquiesce et défait les boutons de son pantalon sous son sourire un brin moqueur.

-Pressé, mon ange.
-Tommi...s'il te plait....
-Demandé comme ça.


Et sa bouche se repose sur la mienne, il capture mes lèvres en descendant mon pantalon. Il m'enlève aussi mon boxer. Puis je le vois faire de même avec ses habits. Nous nous regardons quelques instants, la même adoration au fond des yeux. J'écarte un peu les jambes. Il reprend sa place entre. Je frémis. La chaleur monte entre nous deux quand il prends mon sexe entre ses mains. Il me masturbe en m'embrassant langoureusement. Je ne suis que gémissements sous son corps chauds. Plus rien ne compte à cet instants, que les sensations qu'il me procure. Il me présente deux de ces doigts que nous humidifions ensemble en jouant avec nos langues autour. Il casse notre étreinte buccale et ses doigts descendent sur moi pour se perdre entre mes cuisses. Un premier entre en moi, je me crispe légèrement sous l'intrusion, puis un second qui m'arrache un gémissement de douleur.

-Chut...bill....ouvre-toi pour moi.....

Ces mots me transportent. J'écarte plus les jambes, me détendent. Je sens ces doigts bougé en moi en de petit mouvement puis tout d'un coup un flash blanc traverse mes paupière. Je crie mon plaisir.

-Tommi....

Il recommence m'entraînant au bord de la jouissance.

-Tom....Viens....

Ses doigts se retirent, il se place correctement. Je sens son gland contre mon anneau de chair. Une poussée et il rentre doucement en moi. La pénétration est lente. Je souffle un bon coup pour éloigner la première douleur. Tom suspend sa progression, m'embrasse. Une de ces mains se glisse entre nos deux corps pour prendre mon sexe. Le plaisir se fait de nouveau sentir. Je donne le premier coup de bassin. Tom me suit, ces mouvements se font ample et régulier. Les sensations m'assaillent de toute part. Le feu de la passion s'empart de mon ventre. Mon sang devient lave. Je me consume en cri rauque. Mon frère accélère ses mouvements de main. Je me libère entre nous. Il donne encore un coup de bassin plus fort que les autres. Je sens sa semence s'écoulé en moi. Sensation exquise. Il se laisse aller sur moi, je savoure pleinement. Ses bras m'entourent. Confiance, amour se dégage de cet instant hors du temps.
De longues minutes nous sont nécessaires pour reprendre notre souffle.
Tom se redresse le premier, s'assoit à côté de moi en me caressant le torse du bout des doigts.

-Dis, Bill.....On va faire comment après.....
-Après quoi ?.....
-Tu vas repartir...et moi ?


Je me redresse pour presser mon torse contre son dos. Je dégage sa nuque et l'embrasse dans le cou lui tirant un frisson.

-Tommi....Je reste avec toi..... Je ne repars pas pour Berlin.....Tu m'as trop manqué.

Je le sens pousser un soupir de soulagement. Il se retourne pour me faire face.

-Je t'aime Bill
-Je t'aime aussi Tom.


Nous nous embrassons. Ces mots sont une promesse d'éternité entre nous.

Un appel nous fais nous séparer à regret. Visiblement, Andréas est à notre recherche, nous avons été plus que long pour un simple passage au petit coin. Tom et moi nous regardons. Je lis dans ses yeux qu'il prépare une bêtise. Je me rhabille en même temps que lui pour le suivre dans le noir en direction de la voix.
En quelques mètres, nous sommes derrière le blond platine, silencieux. Mon jumeau me fait un signe. Nous courons vers lui en hurlant comme des fous. Andréas sursaute violement, nous fais face et hurle à son tour en nous voyant. Je ne peux retenir mon sérieux. J'explose de rire.

-Putain, sales gosses...., jure Andréas tandis que mon frère content de sa blague me rejoint dans mon rire.
-Andy, tu les as trouvé. C'est quoi ces hurlements ? Demande Georg qui nous rejoint.
-Ouais...je les ai....et les hurlements.....sans commentaire.


Nous rions encore plus devant la mine qu'il fait. Il se tourne vers nous pour nous fusiller du regard. Peine perdue.

-C'est bon tous les deux.....on rejoins Gustav, arrêtez de faire les clowns.

Nous reprenons doucement notre sérieux en leur emboîtant le pas.
Un bruit de moteur rompt soudain le silence. Gustav arrive en courant vers nous. A son air réjouit, je devine que les secours sont là.
En effet, le vent produit par les pâles d'un hélicoptère soulève mes cheveux. La lumière que produit son projecteur nous aveugle momentanément puis balai le coin à la recherche d'un endroit pour se poser. Nous allons rentrer.
Je prends la main de mon frère, la sert fortement. Il se tourne vers moi. Sur ses lèvres, un sourire magnifique identique au mien.








[....]

Je n'ai pas vu le temps passer. Les quinze jours qui ont suivit l'accident, n'ont était qu'un enchaînement de passion, tendresse, étreintes amoureuses entre Tom et moi.
Après avoir repris des forces, nous nous sommes souvent éclipsé de la maison pour des moments très intimes. Mon jumeau sait révélé être un grand romantique doublé d'un fougueux amant. Pour mon plus grand plaisir.
Bien sûr, pas doués que nous sommes, nous avons été surpris par Amina en pleines séances de bécotage intensif. Elle n'a rien dit. Juste un sourire. Etonnant.
Mon frère et moi avons décidés de comprendre ce mystère. Pour cela, direction la hutte de la chamane.
Nous voilà donc en pleine brousse avec Naya pour guide.

-Dis Tommi.....tu crois qu'elle va dire quoi ?
-Je sais pas trop....la première fois que je lui ai dit être amoureux de toi, elle a sourit mais n'a pas répondu.
- C'est bizarre....
-Mmmh


Tom me prend la main pour que je passe sans problème un creux du terrain. Je le remercie d'un sourire.

-Tommi....tu m'as pas dit où tu avais appris toute ces choses sur.....

J'interromps ma question, rouge de gène d'aborder ce sujet.

-Quel chose, Billou ? Me demande-t-il avec un sourire malicieux.
-Tu sais bien.....m'oblige pas à le dire.
-Relax.....tu te rappelles de Nicky, le capitaine de l'équipe de foot.
-Ouais, t'as beaucoup jouer avec lui l'été dernier.
-On n'a pas fais que jouer.....


Un hoquet de stupeur m'échappe. J'attrape mon frère par le poignet pour l'obliger à me faire face. Son regard fuit le mien. Il dit la vérité.

-Putain.....je ne le crois pas....je t'imaginé courant après un ballon, pas faisant des galipettes avec un mec.
-Désolé Billou....
-Tu peux l'être.....mais comment tu as su qu'il était gay ?
-Un soir, après mon entraînement de basket, il m'a surprit en train de me branler sous la douche....on a parlé et de fil en aiguille, il m'a proposé de passer du bon temps avec lui.
-Et tu m'as rien dit ?
-Non, je crois que j'avais honte.
-Pourquoi ?
-Je venais de me rendre compte de mes sentiments pour toi....j'ai pensé t'oublier avec lui....
-Et ?
-Ca n'as pas marché.....Je lui ai vite avoué que je faisais tout ça pour un jour aimer correctement la personne qui faisait battre mon c½ur. Toi.


Je fonds. Mon frère est bête mais un bêta amoureux. Je le tire à moi et l'embrasse fougueusement.

-Euh ! Tu n'es pas fâché....
-Non....enfin...pas beaucoup....tu as appris le sexe dans les bras d'un mec pour savoir faire avec moi. C'est con mais mignon.


Ma réponse semble l'enchanter car il me fait un splendide sourire.
Nous reprenons notre progression.

En moins d'une heure, nous aurons gagner la cabane en haut du tertre rocheux. Sur le pas de sa porte, assis sur une natte bariolée, la chamane semble nous attendre.
Mon frère et moi marquons un temps d'arrêt. Mais je me ressaisis vite et je m'avance vers elle.

-Bonjour Bill, bonjour Tom.

Toujours la même voix rocailleuse.

-Bonjour.....on est venus chercher des réponses.

Elle nous fixe quelques secondes avant de se lever et d'entrée dans l'habitation. Nous la suivons. Elle s'asseoit devant l'âtre vide de son feu et nous fais signe de prendre place à notre tour.

-Bill, aimes-tu ton frère ?
-Oui, mais.....
-Tom, aimes-tu ton jumeau ?
-Bien sûr.
-Alors il n'y a pas de problème.


Son explication me laisse pantois quelques instants. Sa logique est simple, surprenante mais....impossible à comprendre.

-Je suis peut-être bête, mais je ne comprends pas...
-Que t'es-t-il arrivé depuis ton arrivé ici ?


Son regard d'obsidienne me scrute. Je repense aux événements qui ont marqué mes vacances, l'enlèvement de tom, le voyage introspectif, le crash. Quel est le rapport ?
Puis doucement, je comprends.

-Si...non...c'est impossible.....
-Si bill, c'est possible.
-Quoi ? demande Tom visiblement largué.
-Réfléchit Tom, réfléchit à ce que toi tu as fait avant l'arrivée de ton frère ?


Je me tourne vers lui attendant qu'il comprenne.

-J'ai apprivoisé Naya....tu m'as fait un tatouage....
-Le plus important Tom, penses-y.
-J'ai.....admit mon amour pour Bill.
-Oui, vous avez tous les deux admit votre amour. Vous vous l'êtes prouvé à travers une série d'épreuve.

-Mais....mais, bafouille mon frère.
-Oui, Tom, on nous a manipulé.

Je tente de déstabiliser le chamane avec un regard noir de colère. Elle me renvoie un sourire, signe de l'échec de ma pitoyable tentative d'intimidation.

-Ne sois pas en colère, Bill.
-Ah ouais.....on aurait pu y laisser la vie....
-Alors votre âme n'aurait pas était liée, dommage.


Je suis soufflé. « Dommage », c'est tout ce qu'elle trouve à dire.

-Mes enfants, votre âme a été partagée en deux par d'obscures forces au moment de votre conception sur cette terre. Vos parents se sont unis sur le territoire Masaï. Un mauvais esprit a tenté de prendre possession d'eux et j'ai du intervenir pour les sauvés. Mais l'esprit était retord, j'ai luttée dur sans penser qu'ils y avaient deux vies en jeu, les vôtres. Je voulais sauver vos parents, des êtres bons. Dans l'affrontement, j'ai séparé l'âme, qui était déjà en place, en deux. Tout naturellement, le deuxième morceau a pris place dans le deuxième corps. Une âme pour deux corps.

Je ne sais plus quoi dire. Tom non plus.

-Vous êtes liée. Votre retour sur cette terre était inévitable. C'est ici que tout a commencé.
-Mais.....nos parents.....
-Ils savent, Tom, qu'un jour vous serez unis. Maintenant partez. Je suis las.


Sans un mot, Tom et moi, nous levons et sortons. Naya nous accueille dans un feulement puis reprend tout de suite la piste du retour. Nous la suivons.
Cette visite, pour le moins étrange, a répondus à nos interrogations. C'est juste choquant d'apprendre que notre vie a commencé par un conflit entre deux forces. Que nous sommes deux entités abritant une seule et même volonté divine. Flippant.
Tom s'arrête, se tourne vers moi, saisit mes mains.

-Bill, le plus important, c'est qu'on a plu à se cacher, plus à se sauver en douce. Je t'aime.

Tom a raison, finis la clandestinité. Je lui souris, l'attire à moi pour cueillir son souffle, s'en suit un long baiser amoureux.







[.....]

Demain, c'est notre anniversaire. Nous aurons dix sept ans. Mon jumeau et moi sommes au sommet du tertre de la chamane, main dans la main.
Elle a disparut peu de jour après notre dernière visite. Personne ne l'a revu. Au village, on dit qu'elle a rejoint les grands esprits de la savane. Les habitants ont démolis son habitation pour soi disant empêcher son âme de revenir sous forme néfaste.
Nous avons dit à nos parents êtres amoureux. Ils nous ont avoués savoir qu'un jour cela se produirait. Maman a été formidable et papa aussi. Tous les deux nous ont pris dans leurs bras, nous assurant être toujours aussi fières de nous.
Tom et moi avons décidé de rentrer ensemble sur Berlin. Nous réglerons quelques détails administratifs pour rapidement revenir ici. Nous avons compris que notre vie se jouerait sur la réserve à protéger un monde perpétuellement menacé par des hommes peut respectueux des trésors de la nature et des esprits qu'elle abrite.
Tom passe un bras autour de ma taille, me collant à lui. Je soupire d'aise en regardant le soleil plongé derrière le Kilimandjaro au loin.

-Je t'aime petit bout d'âme......

Fin

Tags : Premier ecrit - Twins - Lemon

(OS d Halloween) Phantomrider 16/11/2009


Phantomrider



Le mois d'octobre venait à peine de commencer et déjà on pouvait sentir l'ambiance d'halloween roder dans les rues sombres de la capitale allemande. Mais un vieil homme, claudicant sur sa canne passait indifférent à l'état de fête ambiant. Ignorant l'étalage de masques sur les devants des échoppes, il s'engagea de son pas mal aisé dans les traboules du quartier commerçant de la mégapole. Il tenait dans son autre main un petit panier d'osier fermé. De temps en temps, un gémissement s'échappait de la corbeille faisant sourire l'individu vêtu d'un large et long manteau de laine sombre. Son visage mangé par une longue barbe blanche était éclairé par deux yeux d'obsidiennes. Son front dégarni, entouré d'une couronne de crins clairs disparaissait sous un chapeau informe.

« Vois-tu mon petit Billy, ma vie s'étiole doucement. Et tandis que je vis mes derniers moments dans cette dimension, je te rends ta liberté. Tu as été un merveilleux chat-garou, fidèle, aimant et attentionné »


Un miaulement plaintif monta du casier de jonc à cette triste annonce.


« Ne pleure pas, je t'ai trouvé la personne idéale pour s'occuper de toi et te permettre de retrouver ton apparence normale »


Il se tut un instant, arrivant à un croissement peu éclairé. La nuit était tombée rendant sa progression déjà lente encore plus difficile. Il bifurqua à droite attiré par les cris de foule non loin.


« Je t'ais enseigné et appris tout ce que je savais sur cette race que sont les humains. Je suis sûr que tu sauras t'en sortir »


Un grattement fit écho à ses paroles. Il sourit, débouchant sur une artère fréquentée de la ville.


« Nous y voilà »


Il posa la caissette à terre, sortie de sa poche une pierre verte et une petite boîte de nacre. Il ouvrit la boîte et pris entre ses doigts le petit filament blanc qu'elle contenait.


« Alors, voyons voir. Une de tes moustaches, une pierre de jade. J'ai tout »


Il ouvrit la paume de sa main, disposant en son centre la moustache et le joyau. Il lança un sort en vieux langage. Une petite sphère dorée s'éleva. Il la dirigea habilement de sa canne vers la foule où elle traça un chemin brillant dans l'indifférence totale. Elle slaloma entre les corps pour pénétrer celui d'un jeune homme emmitouflé dans un large blouson.


« Tu as vu mon Billy, tu es désormais lié à cette personne. A toi de t'en faire aimer mais je ne doute pas que tu y arrives »



En prononçant ces mots, il se baissa et ouvrit la cage. Un petit chat noir en sortit, un petit chat au regard mordoré. Le magicien lui caressa le dos, le faisant ronronner.


« Va et sois heureux »


Le petit animal lécha la main parcheminée puis s'élança sur la voie.
Le vieil homme se retourna, ignorant que son petit protégé venait de se faire heurter par un scooter. Billy ne dut sa survie que grâce à sa condition magique. Il se traina dans un fourré et attendit.
Le vieil homme s'en repartit, une volute de fumée blanche l'entourant, emmenant sa vie vers d'autre horizon.




[....]


Tom, jeune homme de vingt-quatre ans aux cheveux noirs tressés, passait indifférent. Il traversa la grande rue et pénétra dans le parc. Là, assis sur un banc de fer, sombre et froid, il laissa libre cours à sa peine, observant les feuilles mortes qui tombaient, les rayons d'une lune blafarde jouaient sur l'eau du bassin, le crissement des branches nues sous le souffle de vent humide. L'atmosphère de mélancolie des lieux l'envahit, laissant le désespoir de sa vie ressortir.

Elle était partie, quittant leur nid douillet, l'abandonnant avec ses problèmes de travail, finissant de l'enfoncer dans sa déprime. Rien n'allait plus dans sa vie et il pensait sérieusement à la dernière solution, se confortant dans cette idée de minutes en minutes. Il se leva, s'approcha de la rambarde du pont non loin, bien décidé à en finir avec tout.


Mais soudain, il entendit un petit miaulement étouffé dans les buissons, comme un appel au secours. Trouvant ça étrange, il s'approcha, se baissa et rampa sous la futaie. Et là, au milieu des broussailles, un petit corps noir. Un petit chat geignant doucement. Deux prunelles mordorées le fixèrent intensément. Tom eu la sensation de se noyer dans ces deux yeux de félin. Sensation pour le moins saugrenue qu'il chassa d'un coup de tête. Il tendit la main vers le petit animal, parlant calmement pour ne pas l'affoler, constatant l'état pitoyable du petit minou. Ce dernier se laissa caresser. Sous les doigts de Tom, il ronronna d'aise. Le jeune homme étira ses lèvres d'un mince sourire et prit l'animal contre lui, l'emmitouflant dans sa large veste polaire, ses idées suicidaires reléguées aux oubliettes. On oublie souvent sa détresse devant misère plus profonde et Tom en faisait l'expérience.


Il sortit du parc et regagna son domicile, serrant son nouveau petit compagnon au creux de ses bras. Dans l'appartement, Tom se dirigea vers la cuisine en quittant sa veste. Il posa le chat dans la doudoune sur le plan de travail.



« Alors, il te faut à manger minou. Et je devrais aussi avaler un morceau. C'est que depuis son départ, j'ai plus gout à rien »


Il ouvrit le frigidaire et farfouilla. Au milieu du fromage et des bouteilles, il trouva une tranche de jambon. Il attrapa une petite assiette, émietta l'aliment et posa le tout devant le petit félidé.
Le chat se redressa difficilement, émettant un son rauque, renifla le contenu de l'assiette et semblant le trouver à son goût, commença son repas.


« Ca à l'air de te plaire. Demain, j'irais te chercher autre chose, ne t'inquiètes pas »


Tom regarda ce petit être chétif avaler consciencieusement le jambon comme si c'était le met le plus délicat de la terre.
Une fois fini, le petit minou s'assit sur ses pattes arrière et commença sa toilette. Le jeune homme fut fasciné d'une telle souplesse et d'un tel sens de la propreté.


« Eh ben, ça ne rigole pas quand tu fais ta toilette minou »


Il l'observa se lécher la patte pour ensuite la passer derrière son oreille et ceux-ci à plusieurs reprises.


« Comment je vais t'appeler ? Minou, c'est trop commun »


Le chat abandonna son débarbouillage et s'approcha du jeune homme. Il s'assit devant lui et leurs regards se croisèrent. Une sensation de chaleur et de bien-être envahit Tom. Un nom s'imposa à son esprit comme transmis par les deux pupilles mordorés du félin.


« Billy... »


L'animal miaula. Il sembla à Tom que le petit matou lui disait merci. Idée farfelue mais qui le troubla au plus haut point. Il se leva et pour faire disparaitre la drôle d'impression, se mitonna un plat au micro-onde. Billy le regarda faire, ne le quittant pas des yeux. Quand la sonnerie de fin de cuisson se fit entendre, les ronronnements reprirent. Tom pouffa.


« Voyou, va. Tu as encore faim »


Comme pour approuver ses dires, Billy se frotta contre son bras. Le jeune homme posa son assiette sur le bar et partagea le poulet en deux, le coupant dans l'assiette du carnivore.


« Bon appétit Billy. Elle disait toujours ça quand on mangeait tous les deux. Sa cuisine était si bonne »


Tom ferma les yeux se perdant dans ses souvenirs pas si lointains. Billy l'observa quelques secondes puis sembla décider que son nouveau maître l'avait assez délaissé, il miaula. Le tressé sursauta.


« Tu as retrouvé une jolie voix, on dirait. Rien de tel que de manger »


Le repas fut vite terminé pour le jeune homme. Il se leva, débarrassa le plan de travail et quitta la pièce. Il revient rapidement avec une corbeille d'osier dans les mains. Il y installa un petit plaid rouge, posa le tout parterre, prit Billy qui n'avait pas bougé.


« Tu seras bien là, au chaud contre le radiateur. C'est ton nouveau lit »


Il déposa le félidé dans le panier et tourna les talons, gagnant sa salle de bains. Après une toilette rapide, il rentra à l'aveugle dans sa chambre et se coucha. Sur le lit pelotonné contre le traversin, Billy s'était installé, ronronnant d'aise.



[...]


Une sonnerie résonna dans la chambre, tirant Tom de son sommeil. Il tenta de bouger une jambe. En vain. Un faible poids faisait obstruction au mouvement demandé. Il grogna en ouvrant les yeux, tâtonna à la recherche de l'interrupteur de sa lampe de chevet et l'actionna. Il se releva sur ses coudes pour voir et comprendre ce qui le gênait. Un sourire étira ses lippes. Allongé de tout son long, blotti contre la jambe du tressé, son nouveau colocataire dormait du sommeil du juste. Tom, ne désirant pas réveillé le petit animal, quitta le lit par l'autre coté.
Il se prépara rapidement tout en regardant Billy s'éveiller lentement en de longs bâillements. Une fois habillé, il s'assit sur le lit passant sa main sur la fourrure soyeuse du félidé. Un ronronnement lui répondit.


« Bonjour. Tu n'étais pas censé rester dans la cuisine ? »


La bouche fendue de l'animal s'étira dans ce que nous, humains, qualifierions de sourire. Stupide. Il secoua la tête. Il rêvait tout éveillé. Il quitta la chambre, se prépara un café qu'il but en vitesse, rassembla ses affaires en jurant puis quitta l'appartement. Billy ne perdit pas une miette de l'agitation du jeune homme, son regard mordoré enregistrant chaque geste.



[...]



En rentrant du boulot, Tom se figea à l'entrée de sa chambre. Une expression de panique puis de joie traversa son beau regard brun. Elle était revenue. Ce ne pouvait être que ça. Le lit en désordre du matin, était fait. Plus de trace de poussière sur les étagères croulantes de livres. Il gagna en deux pas la salle de bains. Même constat. Linge lavé, repassé, rangé. Il revient dans la chambre, ignorant Billy assit sur le lit. Il ouvrit l'armoire et son sourire se fana. Il n'y avait que ses affaires. Nulle trace de tenue féminine. Il poussa un soupir à fendre l'âme et se laissa tomber sur le matelas, les bras en croix.


Une perle salée quitta son ½il et dévala sa tempe se perdant dans ses tresses noires. Billy s'avança en miaulant doucement et passa sa petite langue rappeuse sur le front du jeune homme.


« Désolé, minou. Je ne comprends pas. Qui à tout rangé ? Ce ne peut-être qu'elle. Tu l'as vu ? Si seulement tu pouvais parler »


Les pupilles mordorées se plongèrent dans ses orbes noisette. Douce sensation de bien-être comme la tendre étreinte d'un confident face à son désarroi.
Il se passa la main sur le visage, rompant le contact visuel.


« Je deviens fou. Faut que je bouge ou ça ne va pas le faire »


Il se leva et gagna son salon. Billy le suivit en miaulant de contentement.



[...]



La semaine s'écoula de la même façon. Tous les soirs en rentrant, Tom trouvait le ménage fait de façon impeccable. Au bout de trois jours, il découvrit un repas succulent dans le four et le lendemain matin, un plateau déjeuner l'attendait sur le bar. Tom paniqua et contacta un serrurier qui changea en une après-midi toutes les serrures de l'appartement. Rien n'y fit.



[...]



Ce soir-là, Tom suçant un bonbon au miel contre le mal de gorge qu'il sentait poindre, hésita à franchir le seuil de son logis. La peur tenait son ventre. Et son instinct lui soufflait qu'une fois de plus le ménage été fait. Il poussa la porte et Billy arriva de sa démarche souple, il se frotta à ses jambes en ronronnant, heureux de le revoir. Le jeune homme scanna la pièce du regard. La panique monta d'un cran. Un bouquet de fleurs ornait la table basse du salon.


« Non...Non...Ce n'est pas possible »


Il se pencha et prit le petit félin contre lui. Il verrouilla la porte d'entrée, gagna sa chambre en tremblant, s'enferma dedans et se recroquevilla sur le lit, le corps parcourut de spasmes. Billy cracha d'être ainsi malmener.


« Pardon, pardon...Je...Qui ? »


Le petit chat s'assit au niveau de son visage et lécha les joues humides de larmes de son jeune maître. Tom gloussa sous les chatouilles oubliant momentanément sa peur. Billy posa sa patte de velours sur le front du tressé. Un chaud liquide sembla couler alors dans son corps, calmant son c½ur affolé et angoissé. Il regarda le félidé en fronçant les sourcils.


« Je...Merci Billy de prendre soin de moi »


Puis réalisant ce qu'il venait de dire, il éclata de rire, se traitant d'idiot. Roulant sur le coté, il se releva.


« Bon arrête de stresser. Qui que se soit, il ne me fait pas de mal. Il cuisine bien, autant en profiter. Allez à table, petit voyou »


Le dit petit voyou miaula de joie et le suivit dans la cuisine en agitant la queue.



[...]



A partir de ce jour, Tom profita plus que largement des attentions qu'il recevait. Il en parla à un collègue de boulot et n'en retira que ricanements et moqueries. Il décida alors de garder tout secret comme un songe dont lui seul bénéficiait, une délicate attention d'un autre monde. Il ne croyait plus aux fées et autres lutins depuis longtemps mais là, il se devait de revoir ses convictions.



[...]



Un matin de la semaine suivante, il s'éveilla avec l'impression de ne pas être seul dans son lit, il tâtonna à coté de lui et posa sa main sur une surface chaude, lisse et surtout d'une rare douceur. Confusion et chaleur dans son corps.


Il ouvrit grand les yeux, se redressant mais rien. Par contre blottit contre sa jambe, Billy s'étira visiblement contrarié que Tom ait soudain bougé. Les pupilles mordorées lui lançaient des reproches. Tom qui commençait tout doucement à décrypter les mimiques faciales de son petit compagnon, sourit puis le prit contre lui, grattant sa tête. Le chat ronronna de suite et se blotti plus confortablement dans les bras musclés du jeune homme. Il saisit même un doigt dans sa petite gueule. Tom resta perplexe.


« Ben, qu'est-ce que tu me fais ? Voila que tu me mords, maintenant »


Si tôt son reproche fini, Billy lécha avec application le doigt.


« Oulla, c'est surement un truc de chat ça » commenta le tressé.

Le câlin continua un moment, Billy pétrissant de ses pattes avant le bras qui le tenait, son petit moteur intérieur poussait à fond. A ce son, Tom finit par ce rendormir.
Ce fut une délicieuse odeur de café et de pain grillé qui le réveilla un peu plus tard. Il se leva et se dirigea en baillant vers le coin bar. Sur la banque, son plateau petit déjeuner l'attendait, Billy assit à coté comme un gardien.

« Waouh ! Il s'est surpassé ce matin. Ca à l'air délicieux »


Billy pencha la tête sur le coté, plongeant son regard de chat dans celui noisette de l'humain. Etrangeté et adoration. Tom troublé s'assit. Ce chat était vraiment étrange.
Billy cassa le contact en baissant la tête sur le pot de confiture. Oubliant la sensation, Tom pouffa.


« Tu ne perds pas le nord, toi. Mais tu as raison à table »


Apres ce copieux repas du matin, Tom s'affaira dans l'appartement tout en parlant à Billy de ces futurs projets. Il comptait refaire un peu de décoration dans les prochains mois. Un besoin de changer certaines choses. Le chat le suivit dans ces déplacements puis visiblement lassé, il s'installa sur la table basse du salon et participa activement à la discussion avec divers miaulements du plus aigus au plus graves.
Sur le coup des midis, Tom se laissa choir dans le canapé de cuir. Billy lui sauta sur les genoux en ronronnant.


« Bon, bien sûr, comme dimanche dernier, je suis là, alors il ne viendra pas. J'aimerai pourtant le voir. Toi, Billy, t'es chanceux, tu le vois. Je me demande à quoi, il ressemble »


Le petit félidé se redressa et prenant appui avec ses pattes avant sur le torse du jeune homme, frotta sa tête triangulaire contre la joue de Tom. Ce dernier sourit et reprit ses caresses sur la robe lustrée de son compagnon.


« Que dirais-tu de sortir cet après midi et d'aller un peu à la campagne ? »


Billy inclina la tête en une moue perplexe puis miaula fort. Il sauta des genoux et se dirigea en deux bonds joyeux vers la porte.


« Tu comprends tout, toi » Commenta le jeune homme en riant.


Il se redressa et passa par la cuisine pour prendre une bouteille d'eau ainsi que des sandwichs tous prêts. Il passa ses chaussures, son blouson et prit ses clés de voiture.


« Bon, j'ai tout. Tu me suis dans l'escalier »


Billy ronronna en se frottant contre ses jambes. Ils sortirent et gagnèrent l'un à coté de l'autre, le puissant 4x4 de Tom.
Le trajet fut une source inépuisable de rigolade pour le tressé. Billy passa le chemin, en appuie sur le tableau de bord, miaulant à chaque virage et crachant quand une voiture doublait son maître.



[...]



Ils rentrèrent de leurs escapades au crépuscule ne désirant qu'une chose tous deux, dormir. Billy fut le premier installé sur le lit. Tom le rejoignit rapidement et se glissa sous les couvertures, il éteignit et sombra vite dans les bras de Morphée.
Si la journée avait eu un gout de paradis, la nuit en fut tout autre. Les cauchemars assaillirent le tressé, plongeant ses rêves dans les hurlements et les cris de terreur d'une scène sanglante inventé par son esprit.


Billy se réveilla au son des gémissements et des mouvements brusques contre lui. Il tenta de réconforter l'endormi en se frottant contre lui et en léchant son visage. Peine perdu. Tom semblait enfermé dans son mauvais rêve. Billy descendit du lit et changea son apparence animale contre celle humaine en un pop discret. Il saisit de ses mains malhabiles un long tee-shirt et le passa avant de s'allonger contre le corps chaud de Tom. Il le prit dans ses bras et le berça doucement, murmurant d'une voix rauque des paroles rassurantes et tendres. Tom se calma lentement au fil des minutes, le cauchemar laissant place à un cocon de réconfort très agréable. Il se lova dedans, ressentant de manières confuses l'étreinte qu'on lui rendit. Billy déposa même un baiser sur sa tempe et le regarda se rendormir, réalisant pleinement la place qu'avait pris le tressé dans son c½ur de chat-garou.



[...]




Tom entra dans son appartement trempé jusqu'aux os. Il avait plu à torrent toute la journée et c'était bien parti pour durer encore toute la nuit. Un éclair traversa furtivement la pièce encore sombre. Le chat miaula un son rauque qui traduisait son anxiété. Tom alluma la lumière pour voir son petit confident.


« Coucou minou! »


Le dit minou se frotta lascivement contre les jambes du tressé. Rassuré de sa présence, il commença à ronronner. Tom sourit en entendant les petites vibrations de bien-être.


« Je t'ai manqué » dit-il en s'accroupissant pour l'attraper dans ses bras.


Tom se demandait de plus en plus s'il ne passait pas pour un demeuré à parler tout seul à son chat. Il alla directement dans la cuisine. Il posa Billy sur la table de bar et ouvrit le frigo pour sortir la bouteille de lait. Il en versa une petite dose dans le bol posé à côté du chat noir. Aussitôt versé, le petit animal se rua dessus toujours ronronnant. Tom se servit un verre de vin blanc. Rien de tel après une journée de travail intensif.



Il posa ses bras sur le bar et regarda son chat avec attention. Billy sentait que son maitre portait son regard sur lui. Il s'arrêta et minauda, se déplaçant avec grâce. Il poussa doucement sa gueule contre la tête que Tom avait posé sur ses avant bras.


« Tu sais toujours ce que je veux toi, hein... petit coquin »


Il adorait se sentir aimer par cet être. Il voulait de l'affection et il en recevait tout les jours avec ce chat.


« Si seulement tu pouvais parler » poursuivit-il en caressant sa tête avec celle toute douce du félin.


Tom souriait. Il ne savait pas pourquoi mais depuis que ce chat avait posé une patte dans sa vie, il se sentait comme apaisé. Il l'avait aimé au moment même où il avait croisé son regard. Son beau regard brun mordoré qui lui semblait destiné. On aurait dit qu'il avait été fait pour plonger ses prunelles dans les siennes. Le seul remède à tous ses maux.


Billy plaça ses pattes sur les bras de Tom et le fixa comme il en avait l'habitude. Le chat avait entendu sa requête. Il essayait de lui faire passer un maximum de sentiments.


« Tu ne parles peut-être pas mais tu me comprends. C'est déjà ça au moins! »


Tom lui caressa une nouvelle fois son petit crâne et se dirigea dans sa chambre. Billy miaula comme pour le retenir mais ça n'eu aucun effet. Il resta un petit moment seul sur la table de bar. Il semblait réfléchir. Finalement il sauta sur le sol retombant sans un bruit sur le carreau gris foncé de la cuisine et se dirigea à son tour dans la chambre.
Billy monta sur le lit et s'installa sur l'édredon.


« Petit fainéant » Plaisanta Tom en enlevant son pantalon mouillé.


Le chat cligna des yeux et ronronna, semblant enthousiaste devant le spectacle des jambes nus du tressé.


« Fainéant et voyeur » Pouffa le jeune homme.


Le petit félin appuya ses dires avec un miaulement sonore. Tom rigola franchement et lui balança le tee-shirt qu'il venait de quitter. Billy cracha en se recevant l'habit dessus. Il s'en extirpa bien vite et se décala non s'en lancer un regard de reproche au jeune homme.


« Susceptible en plus de ça »


Billy l'ignora et s'assit aristocratiquement en face de lui. Les deux pupilles or du minou étincelaient et Tom se perdit dedans. Joie, amour, tendresse, complicité, un brin de désir brut. Toutes ces sensations le traversèrent le laissant sans souffle et quelques peu désorienté.



[...]



Les jours filaient et une certaine routine s'installait entre les deux occupants du loft. Tom, matin et soir, trouvait un bon repas, le ménage fait. Billy ne se lassait pas des caresses qu'il recevait ni du coin du lit qui avait fini par lui être attribué. On peut dire que Tom et son chat nageaient dans une certaine et douce quiétude. Douce quiétude qui trouva une fin le soir d'Halloween.



[...]


Tom, ce soir-là, rentra plus tôt et failli surprendre le chat-garou en humain. Il pénétra dans l'appartement comme une fusée, le sourire aux lèvres et effectuant deux-trois pas de danse ridicule. Autour de lui, flottait une odeur forte de fleur, de senteur épicée et d'un musc inconnus aux narines délicates du félidé. Quand Tom le prit dans ses bras, l'odeur l'agressa et il cracha. Le tressé n'y prêta pas attention.


« Ah, mon Billy. Ce soir est un grand soir. Elle vient manger. La superbe Anna a dit oui à mon invitation »


Le c½ur de l'être magique se serra dans sa poitrine. En réponse à la douleur ressentie, il en infligea une à travers un coup de griffe sur la main qui le tenait. De surprise, tom le lâcha.


« Ben, dis donc. Tu ne m'as pas l'air de bonne humeur toi »


Puis il lui tourna le dos, disparaissant dans sa chambre. Billy l'entendit chantonner.
Il monta sur le bar et s'assit dessus, miaulant tristement. Il insista tant et si bien que Ton, en peignoir, vient le trouver.


« Tu veux du lait ? »


Billy baissa la tête en ce que Tom prit pour un signe de négation.


« Tu veux quoi, alors, minou ? »


Le félidé redressa l'échine et leurs yeux se croisèrent. Peur, solitude, reproche, envie et amour percutèrent la conscience de Tom qui hoqueta sous le choc, perdu.


« Je...Mais... »


Malheureusement pour Billy, sa normalité repris rapidement le dessus et il se détourna.


« Bon, il me reste moins de deux heures pour tout faire. Vite à la douche »


Il abandonna le chat, se précipitant à la salle de bains.
Billy soupira de contrariété et de peine. Il avait l'intime conviction que s'il ne faisait rien, il perdrait Tom à jamais. Il se devait d'agir mais sous sa forme de chat, ça n'allait pas être évident.
Il sauta en un bond gracieux du bar au plan de travail et, à l'aide de ses pattes, ouvrit le placard à victuailles. En quelques coups agiles de griffes, il envoya à terre plusieurs paquets qui se répandirent au sol, notamment celui de farine qui teinta de blanc la pièce. Il éternua dans le nuage de poussière mais ces yeux brillaient, fier de lui. Il se coucha et attendit.
Tom revient rapidement et se figea devant sa cuisine blanche de poudre de blé.


« C'est pas vrai, tu choisis bien ton jour pour faire une connerie »


Billy se redressa en miaulant. Fier de lui et espérant que ce soit suffisant pour annuler la venue de cette fille qu'il détestait déjà. Peine perdue. Le jeune homme remonta ses manches, attrapa l'aspirateur et en peu de temps, la cuisine retrouva son aspect de propreté. De plus, il nargua Billy sans s'en rendre compte.


« Et voilà, tout propre. Tom is the best »


Le chat le regarda et lança un miaulement plaintif en se laissant tomber sur le coté. Tom se tourna vers lui soudain inquiet de ce son inhabituel dans la gorge de son petit compagnon. Il posa la main sur son flanc chaud.


« Tu n'es pas malade au moins ? »


Billy geignit doucement affolant quelque peu le jeune homme.


« Bon, attends. Je dois avoir un thermomètre pour te prendre la température »


Il s'éloigna et reviens en quelques secondes avec un tube de crème et un objet long et fin que Billy regarda dubitatif. Tom mit un peu de crème sur le bout du thermomètre et approcha le tout de l'arrière train de l'animal. Réaction immédiate. Billy détala faisant rire aux éclats son propriétaire.


« Ouais, t'es pas malade pour filer comme ça. Ralala tu me fais perdre mon temps »


Il rangea l'instrument médical et attaqua le repas.
Billy revient et se réinstalla sur le bar, miaulant à chaque mouvement du cuisinier. Au bout d'un moment, Tom ne tient plus. Il se retourna, couteau en avant, et fixa le chat.


« Billy, ça suffit. Tais-toi »


Devant l'air menaçant de son maître, le petit félin se leva et recula puis prit la fuite, allant s'installer sur le canapé de cuir. Tom soupira.


« Je me demande ce qui t'arrive, ce soir. Tu ne dis rien d'habitude »


Billy lui répondit d'un miaulement contrarié. Le tressé haussa les épaules et se remit à ses fourneaux.


Une heure plus tard, la sonnerie de la porte d'entrée retentie. Billy se leva et s'installa telle une statue sur l'accoudoir du fauteuil. Tom, bien mis, rectifia l'agencement de ses tresses dans le miroir de l'entrée et ouvrit à une pulpeuse blonde. Après les salutations d'usage, elle pénétra dans le salon. En voyant Billy perché sur son appui, elle avança la main pour le caresser. Le félin cracha et lança sa patte, ne la ratant que de peu.


« Billy » tonna Tom avant d s'excuser de l'attitude du félidé auprès d'Anna.


La pouf gloussa, faisant miauler Billy.


Ils prirent un apéritif et le petit chat s'installa sur les genoux de Tom, émettant un ronflement à chaque tentative de geste entre les deux jeunes gens. Tom s'amusa un moment de la situation mais si Anna gouta à la plaisanterie, elle fit rapidement savoir au tressé que le minou était de trop. Billy se retrouva éjecté de son confortable coussin de muscles. Il n'alla pas très loin et s'assit avec classe sur la table basse entre les deux verres de cocktail, posant son regard doré sur le visage lifté de la blonde.


Visiblement ravi de s'être débarrassé du matou, elle se rapprocha aussitôt de Tom, glissant sa main manucuré sur sa cuisse. Billy se redressa, son poil se hérissa et il ronfla, crachant fortement à l'encontre de la jeune fille.


Tom s'énerva ce coup-là, se leva promptement et saisit le petit félin par la peau du cou, ignorant ses miaulements plaintifs. Il l'emmena jusqu'à la chambre, rentra et ferma la porte. Il le lâcha un peu rudement sur le lit.


« On peut savoir ce que tu me fais là ? »


Il se détourna prêt à sortir, quand un pop le figea sur place.


« C'est parce que je t'aime » fit une voix rauque dans son dos.

Il se retourna vivement et découvrit sur son lit, la plus étrange des créatures qu'il n'eut vu. Un jeune homme fin, élancé, à l'imposante chevelure noire, mais ce qui surprenait était les deux oreilles de chat au milieu de son crâne et la queue qui revenait caché l'intimité de l'étranger nu accroupit sur le matelas. Tom hoqueta de frayeur, les yeux grands ouverts.


« Bi...Billy » bafouillât-il.
« Oui » lui répondit le chat-garou.


Tom alla pour rajouter autre chose quand un coup contre sa porte se fit entendre.


« Tom, tu reviens » appela la voix nasillarde de la jeune femme.
« Oui, oui, j'arrive...je... »


Il tendit le doigt vers Billy en un geste sans équivoque, lui ordonnant silencieusement de ne pas bouger. Il ouvrit la porte et quitta la pièce.


Le chat-garou se laissa tombé sur le coté, ses yeux dorés se remplissant de larmes. Les chances pour que Tom l'accepte était si mince, il n'avait pas eu assez de temps pour faire sa conquête. Un mois, un court mois. Serait-ce suffisant ? Billy réalisa que c'était impossible d'avoir pu toucher le c½ur du tressé et les larmes dévalèrent ses joues.


Dans le salon, Tom, un peu secoué par la vision dans sa chambre, tentait de repousser la pieuvre blonde accrochée à son cou et dont la bouche collagénée se rapprochait dangereusement de ses lèvres.

Lui qui avait voulu cette soirée, constatait que maintenant qu'elle était là, offerte à ses envies, elle le dégoutait purement et simplement. Un regard mordoré emprunt de tristesse sur un visage de porcelaine s'imposa à lui et il repoussa fortement la jeune femme.


« Mais...Enfin, Tom, quoi ? »
« Ecoute, ....Je.... »


Il devait trouver quelque chose et vite, parce qu'elle semblait mettre son hésitation sur le compte d'une quelconque timidité.


« Sois pas timide Tom »


Il pouffa et une idée lui vient.


« Ecoutes, je ne suis pas timide. Dans la chambre, j'ai eu un appel. Mon ex veut me revoir. Elle arrive. Désolé »
« Ah ! » Lâchât-elle visiblement déçu.


Elle baissa la tête mais la releva bien vite, les yeux brillant d'une idée que Tom n'allait pas apprécier, il le sentait.


« Je vais l'attendre avec toi. Je suis sûr qu'elle partira très vite en me voyant »


Tom souffla d'exaspération. Elle devenait collante. Il devait rajouter autre chose pour se débarrassé d'elle.


« Ecoute, je pense me remettre avec elle. Je t'ai juste invité pour la rendre jalouse et ça a marché »


Elle se recula le regard noir, lui claqua la joue et tourna les talons. En deux secondes, elle avait quitté l'appartement.


Tom souffla en se massant sa joue meurtrie puis il pivota et regagna la chambre. Devant la porte, la main sur la poignée, il hésita. Il l'ouvrit finalement et entra dans la pièce.
L'étrange homme-chat était couché en boule au milieu du lit, sa respiration calme faisait soulever une mèche rebelle de sa chevelure ébène. Tom l'observa, ses longues et fines jambes, sa taille menu et bien dessinée, son visage blanc aux traits délicats.


« Billy... »


Aucune réaction. Tom sourit, son mystérieux compagnon s'était endormi, nu. Il s'approcha et s'assit à coté de lui, touchant la peau de ses doigts. Chaleur, trouble, envie. Il ferma les yeux appréciant les sensations de cet épiderme doux comme le satin. Des flashs émotionnels s'imposèrent à lui. Il avait déjà touché cette peau. Son sourire s'agrandit, il tenait son cuisinier et homme d'intérieur. Il couvrit de l'édredon le chat-garou et quitta la pièce, laissant la porte entre-ouverte.


Dans le salon, il rangea le désordre tout en réfléchissant. La déclaration lui revint en mémoire et il faillit lâcher les assiettes. Que répondre à ce « je t'aime » ? Etait-il sincère ? De tels êtres sont-ils capables de tels sentiments ? Et lui, l'aimait-il ? Autant de questions qui tournaient en boucle dans la tête du tressé pendant qu'il rangeait le repas avorté.


Un coup de sonnette le tira de ses pensées. Priant pour qu'elle ne soit pas revenue, il ouvrit la porte. Devant lui, deux enfants grimés en monstres, le menacèrent de pistolet à eau.


« Des bonbons ou on se venge »


Tom pouffa et tourna les talons pour récupérer la bonbonnière. Il s'accroupi à leur hauteur et commença sa distribution.


« Voilà, petits monstres. Mais j'ai une question. Si un chat peut se transformer en humain, c'est quoi ? »


Le petit de droite s'agita et lança dans le silence du couloir.


« Un chat-garou, monsieur »
« Merci, bonhomme. Super vos costumes »
« Merci monsieur »


Tom les regarda reprendre l'escalier en commentant leurs récoltes. Il referma la porte, donna un tour de clé par reflexe puis il retourna dans la chambre voir son être magique personnel. Grâce aux enfants, il savait à quelle créature il avait à faire.


Billy dormait toujours, seule différence, ses joues humides de larmes que ses yeux déversaient. Cette vision serra le c½ur du jeune homme. Il s'installa à coté de lui et posa sa main sur l'épaule dénudé, sortant doucement l'endormi de sa léthargie.
Billy papillonna des yeux et se redressa en voyant Tom si prés de lui.


« La, Billy, calme-toi. Je te ferais rien » murmura d'une voix douce Tom devant le regard affolé du chat-garou.


Billy hocha la tête, détourna le regard et balbutia.


« Je...pardon, je... »
« Tu n'as pas à avoir peur. Nous devons parler, je pense et tu dois surtout m'expliquer d'où tu viens et pourquoi moi ? »


Billy acquiesça. Il frissonna aussi, la chaire de poule faisant son apparition sur sa peau. Tom sourit et se releva pour lui tendre des habits chauds. La créature rougit, se leva en cachant sa nudité avec l'édredon et s'habilla à la hâte.


« Voilà qui est mieux. Explique-moi »
« Je... je suis un chat-garou. Mon magicien est mort et c'est lui qui vous a choisit »
« Mais pourquoi ? » Le coupât Tom perplexe.
« Vous êtes la personne qui me correspond le mieux. Il l'a su avec un sort et m'a libéré de lui pour aller avec vous. Je.... »
« Oui, continue, Billy » Demandât Tom en essayant d'assimiler ce que lui disait la jeune personne.
« Je vous aime. Et je sais que les humains ne conçoivent pas les sentiments de la même façon que nous, êtres magiques. Mais nous, nous donnons notre c½ur à celui qui nous correspond »
« Mais ton magicien, il était quoi pour toi ? »
« Seulement mon mentor, il m'a appris votre monde et comment y vivre. Je terminerai bientôt ma transformation en humain »
« Eh ben, ce n'est pas simple. J'ignorais qu'un tel monde côtoyait le notre. Tu termineras quand ta transformation ? »


Billy sembla réfléchir quelques minutes. Répondre à cette question entraînait trop de choses qu'il n'était pas sûr de savoir maîtriser.


« Je...Vous le dire est ....je ne sais pas si vous allez comprendre... »
« Essaye toujours, même si j'ai une vague idée de la réponse »
« Ah ! Je...Vous devez me donner votre c½ur aussi et je pourrai avoir une apparence humaine complète » lâchât-il dans un souffle.


Puis il se tendit, redoutant la réaction de Tom, pas certain de ses sentiments à son égard.
Le tressé le regarda et souffla, tout se mélangeant dans sa tête. La question de ses sentiments revenait le troubler. Oui, il avait aimé le petit félin, d'un amour sincère mais de l'attachement que tout maître a pour son animal de compagnie. Il repensa aux délicieux petits plats mitonnés qui avaient agrémenté ce mois d'octobre, à toutes ses attentions qui avaient émaillé cette période de solitude pour lui, la façon dont le minou l'avait sorti de sa déprime, toutes ses caresses, ses baisers sur le front poilu du félidé, toutes ces heures de tendres complicités, ce dimanche à la campagne. Mais surtout lui revint, comme plus tôt dans la soirée, les émotions dus aux orbes dorées de l'être magique.


De l'index, il releva le visage penché de son interlocuteur et plongea de lui-même ses yeux dans le regard mordoré. Trouble, joie, confiance, complicité, tendresse, amour, envie, désir, passion, chaleur, le traversèrent et il sut.
Il rapprocha son visage des lèvres purpurines de la créature et posa les siennes doucement sur celles de son vis-à-vis. Billy sursauta à la sensation nouvelle.


« Doucement » souffla contre sa bouche, Tom.


Il recommença son geste, goutant la peau délicate du bout de la langue, redessinant le galbe parfait des lippes gourmandes. Billy, entrouvrit ses lèvres. Tom insinua sa langue dans la chaude cavité. Et un lent ballet de muscles humides commença. Billy se laissa aller. Tom l'enserra de ses bras, se délectant du goût de ce premier baiser. Juste parfait comme la créature innocente aux creux de ses bras.


Une étrange clarté enveloppa le chat-garou et lorsqu'elle se dissipa, toute trace de l'animal qu'il fut quelques heures plus tôt avait disparu. Tom, sans le réaliser pleinement venait de lui donner son amour et surtout son c½ur.



[...]


Tom referma le livre et se tourna vers son frère jumeau dont le regard brun brillait d'émotion.


« Voilà, Billou, fin de l'histoire d'halloween »
« Merci Tommi. On dort maintenant »
« Oui, petit frère »


Et l'enfant se glissa dans les draps, se pelotonna sous les couvertures. Son frère venant se lover contre lui. Ils partirent rapidement au pays des rêves pour essayer d'apercevoir un chat-garou.

FIN





Voila un OS que steph a ecrit pour un concour d Halloween,et quel a gagner je le trouve genial et le sujet imposer etais vraiment pas facil alor bravo ma puce,vraiment faller le fair et tu a reussie un des meilleur Os que j ai jamais lu,bonne lecture et dites nous se que vous en penser.

Tiphaine

Tags : halloween - Concours - Lime

(Fiction) Vingt ans à deux 18/09/2009


Vingt ans à deux
 
Chapitre 1

Vendredi 28 Août

Dans la luxueuse chambre d'hôtel d'un palace de Cologne, un jeune homme s'éveilla lentement. Un long bâillement déforma sa mâchoire, sa main frotta ses paupières lourde du dernier sommeil, il étira ses muscles et ses articulations de sa longue silhouette fine. Bill, le jeune androgyne chanteur du groupe Tokio Hotel, sortit du grand lit moelleux et se dirigea un peu à tâtons vers la salle de bains. Un regard dans le miroir lui arracha un grognement, puis ignorant son reflet, il se défit de ses habits de nuit pour rentrer dans la cabine de douche. Le premier jet d'eau lui tira un glapissement mais finit de le réveiller. Il profita ensuite de longues minutes de la chaleur du liquide sur sa peau diaphane. Un séchage rapide s'en suivit. Bill s'occupa ensuite de sa crinière en alternant sèche-cheveux et lisseur. Il allait attaquer son maquillage quand le bruit caractéristique d'un vibreur de portable se fit entendre. Le chanteur en quelques pas guilleret traversa la chambre pour récupérer son Gsm.

-Oui...
-...
-Bien, suis presque prêt.
-...
-Ça c'est gentil...
-...
-Deux et un café...
-...
-Je vous rejoint dans dix minutes, grand max.
-...
-Tommi !
-...
- J'arrive à tout de suite.


Bill referma le clapet en soufflant d'agacement, son frère pouvait être exaspérant des le réveil. Il regagna la salle de bains et prit son eye-liner en main pour cercler de noir ces yeux de biche. Une fois, fin prêt il se vêtit simplement d'un jean et d'un pull moulant.
Quelques coups sur la porte le firent sursauter alors qu'il passait ses baskets. Il maugréa d'être ainsi importuné et lança un « entrez » sec.
Un jeune homme blond passa la porte en souriant doucement. Bill lui rendit son sourire et l'invita d'un geste à s'asseoir. Un silence suivit où le chanteur termina de lacer ses chaussures.

-Salut, Gustav.
-Salut, Bill, bien dormi ?
-Ouais encore assez bien... Et toi ?
-Oui, comme un bébé.


Le jeune androgyne fixa son batteur et plantant son regard chocolat dans celui émeraude de son ami, il tenta de déceler la raison de la venue de ce dernier dans sa chambre. Fait plus qu'inhabituel. Gustav les attendant toujours dans la salle à manger d'habitude. Une seule explication s'imposa au chanteur, il avait posé LA question à son frère.

-Alors, il a dit quoi ?

Par réflexe, il porta sa main à sa bouche, mordillant son pouce de façon nerveuse. Gustav le regarda faire quelques secondes et secoua la tête en un mouvement réprobateur. Bill cessa de martyriser son ongle en un regard penaud.

-J'ai profité de l'after et de la pancarte du premier rang pour avoir son avis sur la question.
-Ah ! Ouais la pancarte, je l'ai vu aussi. Elle était bien faite. Et alors ?
-Tom m'a répondu texto : « nos fans sont un peu folles d'imaginer ce genre de relation entre Bill et moi, j'aime mon frère mais de là à lui rouler des pelles voir plus, y a une marge. »


Le regard de Bill se voila et il baissa la tête de peine. Gustav se rapprocha de son ami et le prit contre lui.

-Bill, à quoi tu t'attendais ? Les sentiments que tu as pour lui...
- Je sais ce que tu vas dire, Gus. Mais je l'aime vraiment, ce n'est pas une passade, une toquade de ma part ou un caprice de diva comme dit Georg. C'est là dans mon c½ur.


Gustav ne répondit pas tout de suite à la déclaration de l'androgyne, cherchant ses mots pour ne pas blesser plus celui qu'il considérait comme son petit frère.

-Bill, Tom ne partage pas ton amour. Passe à autre chose.
-J'ai essayé Gus...mais rien à faire, je pense qu'a lui.

-Bill, tu t'es abruti de travail. Tu n'es pas sorti en dehors du groupe.

L'androgyne se dégagea de l'étreinte de son aîné, tourna vers lui un regard furibond et commença à arpenter la pièce en de grandes enjambés saccadées, un flot de paroles amères franchissant ses lèvres purpurines.

-Tu crois que c'était pourquoi que j'ai dit oui à David. Parce que pendant ce temps, je ne pense pas à mon jumeau. La marque de fringues, les tee-shirts pour H&M, l'enregistrement de l'album, le doublage du film plus tout le reste. Je l'oubliais quelques heures, pendant que lui batifoler avec toutes ses poufs.
- Mais le rendez-vous avec la blonde ?
- C'était pour juger l'ennemi.


Gustav ne put retenir son rire devant la mine outrée de Bill et sur les images que lui renvoyait son imagination. Il se surprit à regretter de ne pas avoir assisté à ce repas. Des fois, être une petite souris devait avoir du bon.

-Mais tu sais, c'est pas sain ce genre d'attirance. Les fans t'ont monté la tête Billou...
-Les fans n'ont rien à voir là-dedans, et je sais que c'est pas sain, merci de me le rappeler Gustav.


Le jeune homme se laissa tomber sur le lit les yeux remplis d'eau.

-Bill...
-Laisse moi Gus, s'il te plaît.


Le batteur n'argumenta pas plus et se leva en regardant son leader se rouler en boule au milieu du grand lit, un premier sanglot secouant sa frêle ossature. Gustav aurait pu le consoler mais il savait que Bill ne serait pas d'accord. Alors il sortit, refermant doucement la porte de la chambre.
Une fois seul, Bill se laissa aller à sa peine et comme déjà depuis de nombreux mois, les larmes emmenèrent son maquillage et sa tristesse. Il se releva au bout de quelques minutes, séchant ses joues noircies d'un revers de main, attrapa son sac pour en extraire une pochette cartonnée renfermant son précieux trésor, un dessin de lui et son frère en plein câlin fait par leur cousine lors des dernières fêtes de fin d'année. Le précieux parchemin le fit sourire. Il le contempla un moment, rêvant de la chaleur des bras de son frère autour de lui. Bill Kaulitz vivait un amour chimérique pour son adorable guitariste, son jumeau, son âme s½ur.




[...]

Samedi 29 Août

En quelques clics rapides de souris, Tom posta sur la page du fan club officiel du groupe, le sujet du jour. Un peu plus d'un mois qu'il tenait ce blog, et si la tâche au début l'avait un peu rebuté, il y prenait maintenant un vrai plaisir, ne manquant pour rien au monde ce rendez-vous quotidien avec ses fans du monde entier. Il jeta un rapide coup d'½il aux commentaires divers et variés laissé par les internautes sur son poste de la vieille. Un commentaire retient son attention par sa simplicité et surtout par sa signature.




Par Macky :
I love you Tom.



Ce mystérieux message, se répétait depuis quelques jours. La signature, le surnom de son frère étant enfant, lui laissait un goût amer dans la bouche. Une jeune fan s'était appropriée le pseudonyme pour signer ses déclarations d'amour. Il souffla d'exaspération puis referma la session. Il se laissa aller contre le dossier de sa chaise, son regard se posant sur la photographie ornant son bureau. Un cliché de lui et son frère. Tom ferma les yeux en soupirant. Son petit frère qui occupait un peu trop ses pensées en ce moment. Des pensées que le commun des mortels qualifierait de malsaines. Tom, non.
Il se leva et jeta un coup d'½il à sa chambre. Un besoin évident de ménage, voilà ce qu'il voyait. De retour en fin de soirée de leur virée Colognaise, Tom avait défait à la va vite ses valises, rangeant plus que sommairement ses larges habits. Il lâcha un juron énervé et ignorant la montagne de rangement qu'il lui tendait les bras, il sortit de sa chambre en direction de la cuisine.
Se versant un grand verre de Coca, le tressé tenta de repérer où se cachait son frère jumeau. Il aperçu sa tignasse noire dépassant du dossier du canapé.

-Eh Bill ! Tu fais quoi ?

Il vit le chanteur sursauter et fermer précipitamment le clapet de son ordinateur portable. Intrigué, Tom s'avança, contournant l'immense assise et s'assit à distance de son double.

-Alors, tu fais quoi ou plutôt, tu me caches quoi ?

Bill se tourna vers lui et répondit en essayant de prendre un air naturel.

-Rien, je te cache rien...
-Bill, arrête, tu sais pas et tu seras jamais mentir. Dis-moi...
-Oh ! Ça va... c'est pour notre anniversaire.
-D'accord, secret d'état ...


Bill hocha la tête en souriant. Comme pour leurs dix-huit ans, il réglait les détails de leurs fêtes.

Tom se releva, lui adressa un clin d'½il et regagna sa chambre. En chemin, son regard fut attiré par la pièce où son jumeau et lui composait leur musique. Il pénétra dans le mini studio d'enregistrement. Un brin nostalgique des derniers mois, il s'assit sur un des tabourets et ses yeux parcoururent l'espace devant lui. Là aussi, un brin de ménage serait nécessaire. Sa réflexion lui tira un autre soupir.

-Ah, puis faut bien s'occuper... putain, c'est grave, je parle tout seul... David déteint sur moi.

Le jeune homme rigola en se saisissant du balai qui lui tendait les bras. Commençant par un bord dépourvu de meubles, il fredonna une chanson. Son instrument accrocha un papier sous une console. Tom se pencha et regarda le manuscrit. Son fredonnement mourut sur ces lèvres. Au milieu des mots de son frère, son nom entourait de c½ur revenait régulièrement. Bill, telle une collégienne, avait étalé sa passion pour son jumeau.

Un sourire immense se dessina sur les lèvres du guitariste, son amour était visiblement partagé. Mais comment attirer le chanteur dans ses bras ? Un plan, il lui fallait un plan et de l'aide.

-Les GG's...

Abandonnant son balai, tenant la précieuse preuve dans ses mains, Tom regagna sa chambre au pas de course. Il attrapa son Gms sur sa table de chevet et enfonça du pouce la touche de raccourci du bassiste. En quelques sonneries, on lui répondit.

-Geo, c'est Tom...
-...
-Je sais que c'est marqué, crétin... Je peux passer ?
-...
-Un truc à te faire voir, prévient Gus.
-...
-Oui, ça concerne Bill...
-...
-Mais non, on ne s'est pas disputé. Je te dirais chez toi, je suis là dans un quart d'heure, maxi
.

Tom raccrocha, prit ses papiers, les clés de son Audi, le précieux parchemin, avertit Bill de son départ sans mentionner sa destination et se rua hors de l'appartement.
Le jeune androgyne avait juste vu passer une fusée tressée et vêtue d'un baggy, comprenant à peine que son jumeau foutait le camp, le laissant seul. Une seule chose pouvait faire partir son frère à cette allure : un rencard.
Une écharde plantée en plein c½ur, Bill ferma pour de bon son PC, se leva et attrapa la bouteille de vodka dans le bar. Se soûler n'était certes pas une solution mais au diable les convenances, le délaissé avait juste un besoin pressant d'oublier sa peine de c½ur.

Quand Tom rentra au alentour de seize heure, la première chose qui le frappa fut le silence de l'appartement puis l'obscurité du salon et enfin une odeur de brûlé. Qu'avait fait Bill ?
Le guitariste entra dans la cuisine, éteignit le gaz sous une casserole, le contenu réduit à l'état de charbon. Son frère avait visiblement oublié le récipient sur le feu et par conséquent, Tom supposa qu'il n'avait pas mangé.
Il gagna ensuite le salon et actionna le volet automatique. Un grognement lui parvient. Son chanteur gisait, affalé sur le cuir, sa main droite encore fermée sur le goulot de la bouteille d'alcool. Un sentiment de colère et de culpabilité le prit aux tripes.

-Bon dieu, Bill...
-Tommi... suis pompette...
-Je crois oui.


Tom s'approcha de son jumeau, lui enleva la vodka des mains, puis le releva. Le soutenant par la taille, un bras sur son épaule, il l'emmena jusqu'à sa chambre.

-Putain, Bill t'abuse là...
-Suis content de te voir frérot, me suis fait une amie... tu l'as pas vue...
-Bill, la vodka c'est pas ta cop... regarde dans quel état tu es.
-Mouais mais c'est ta faute, t'es pas gentil, tu m'aimes pas...


Tandis que le guitariste poussait du pied la porte de la chambre de son double, ce dernier se mit à sangloter sur son épaule. Bill avait rarement l'alcool gai.

-Allez, petit frère au lit... on reparlera de tout ça quand tu auras dessoûlé.

Il installa son frère sur le matelas et entreprit de le déshabiller. Bill grommela et maugréa des paroles sans queue ni tête tout le long de l'opération.
Une fois qu'il l'eut dévêtu, Tom observa le corps sublime offert à sa vue. Il ne put s'empêcher de le toucher délicatement réveillant les papillons dans son ventre.

-Putain, Bill tu me fais perdre la tête.
-Mmmh, Tommi...


Le guitariste, prenant ce gémissement comme une douce invitation se pencha pour embrasser la peau convoitée au grain doux comme la pêche. Il déposa sur l'épaule dénudée de chauds baisers mouillés, ses mains parcourant les flancs offerts à ses envies.
Bill, nageant à la limite du conscient et de l'inconscient, se tortilla aux douces attentions de son double.

-Tommi, arrête...

Le tressé se redressa à regret, planta un dernier baiser sur le front du chanteur, le couvrit d'un plaid, ferma les volets et sortit doucement de la chambre.
Dans le couloir, il se laissa glisser au sol, prenant sa tête entre ses mains.

-Je suis dingue de te désirer autant petit frère...





[...]

Dimanche 30 Août

La matinée était bien avancée quand Bill s'installa sur le fauteuil blanc de leur living. Un mal de crâne ne le quittait pas depuis le réveil conséquence direct de la cuite de la veille. Une tasse de café dans la main droite, il saisit sur la table du salon, l'exemplaire du Bild du jour s'apprêtant à voir son frère en première page. Tom s'avança vers lui, une aspirine fondant dans un verre.

-Tiens, ça te fera du bien, plus que ce torchon.

Le chanteur releva la tête et esquissa un sourire devant le remède. Il le but d'une seule traite, grimaçant sous le goût amer du cachet. Son jumeau ne pu retenir un petit rire moqueur devant la grimace.

-C'est ça, fous-toi de ma gueule.
- Bill ce n'est pas moi qui me suis soûlé à la vodka hier. Qu'est-ce qui t'as prit d'ailleurs ?


Le jeune homme baissa la tête, légèrement honteux de son comportement de la veille. Il avait cédé à une impulsion, préférant noyer son amour incompris dans le péché. Tom, conscient des réflexions de son jumeau, grâce à sa trouvaille, sourit. Son Billou était jaloux.

-Laisse tomber, Tommi, tu ne comprendrais pas. Souffla l'androgyne se rappelant que trop bien des paroles de Gustav.
-Si tu le dis, petit frère.

Tom s'assit dans le canapé et braqua son regard chocolat sur son homologue. Même vêtu d'un bas de jogging informe et d'un banal tee-shirt, Bill dégageait un charisme affolant pour les sens du tressé.
Conscient du regard de son frère sur lui, l'androgyne rougit. Tom ne put s'empêcher de le charrier sur la coloration carmine de ses pommettes.

-Tu as honte de toi, avoue...

Bill humpfa sous la réflexion et préféra changer de sujet.

-Et toi, tu es parti où ?
-J'ai foncé chez Georg pour un truc important
.

Bill soupira doucement de soulagement, son frère n'était pas avec une fille.
Le silence dura quelques secondes, apaisant puis Bill le rompit.

-On n'a pas parlé du concert de jeudi soir. Ton avis ?

Ignorant de la sensationnelle ouverture qu'il venait d'offrir à son jumeau, Bill continua sur sa lancée, narrant par le menu les sensations de leur retour sur scène.

-C'était génial, de retrouver le public. Ça m'avait manqué cette montée d'adrénaline, les cris de joie, les sourires, les lumières. Je crois qu'elles ont beaucoup aimé. On a eu raison de choisir cette chanson pour premier single.
-Oui, c'est sûr. Et t'as vu les pancartes ?


Une légère panique s'empara du chanteur au souvenir de la Pancarte. Il ne répondit pas et enchaîna sur autre chose.

-En acoustique, certaines chansons rendent super bien. On devrait peut-être faire une longue session unplugged sur la tournée, 6 ou 7 chansons. T'en penses quoi ?

Conscient du trouble de son frère et de sa tentative d'esquive, Tom sourit mais décida aussi de ne pas abandonner la mise.

-C'est une bonne idée. Je pense que les GG seront plus que d'accord. Mais tu sais certains panneaux étaient vraiment bien. Toutes ses déclarations. Gus en a repéré une en particulier et m'a posé des questions dessus.

Bill retint son souffle dans son fauteuil, une suée froide coulant le long de son échine. Son jumeau enchaîna prenant un malin plaisir à la situation.

-Elle parlait de notre relation... si j'ai bien compris. Tu n'as pas pu la loupé, elle était juste sous ton nez.

Une rougeur significative prit place sur les pommettes de Bill. Oh que oui, il l'avait vu. Pendant une demi-heure, il avait rêvé que l'inscription fut vraie. « Bill and Tom love forever ». Mais il préféra nier.

- N'ai pas vu....
-Bill, t'es désespérant...Tu mens...
-Oh, oui je l'ai vu. Et alors ?


De rage de ne pas pouvoir cacher ses émotions, le chanteur se leva. Mais son corps le trahit, lui rappelant ses excès de la veille. Un vertige le prit et il retomba sur le fauteuil.
Tom s'approcha de lui, inquiet devant la pâleur de ses joues.

-Eh Macky ça va...?

Ce surnom, plus qu'occasionnel dans la bouche de Tom, déclencha une tempête dans le c½ur du jeune androgyne. D'un coup, tout fut de trop. Ses sentiments, la fatigue des derniers mois, le stress accumulé, les remarques et critiques à son égard, se mélangèrent dans un chaos de sensations extrêmes lui coupant le souffle. Il éclata en longs sanglots bruyants tel un petit garçon fragile.
Désarçonné, Tom, ne réagit pas tout de suite, regardant son frère se liquéfier sous ses yeux. Au bout de quelques dizaines de secondes, il se leva, s'installa sur la large assise de cuir blanc pour prendre son jumeau contre lui.
Bill se cramponna de ses longs doigts fins au réconfortant tee-shirt, se pelotonnant contre.
Dans l'esprit de Tom, les pensées s'entrechoquaient dans un tumulte douloureux. Que devait-il faire ? Il opta pour la solution du batteur : lui dire.

-Bill... Bill...

Le surnommé s'écarta à regret du corps chaud, releva le nez et planta son regard chocolat dans celui noisette de son vis-à-vis.

-Oui, Tom... ?
-Sèche tes larmes, petit frère. Je n'aime pas te voir pleurer.


Un sourire attendri accompagna ses douces paroles réconfortant le c½ur malmené en face de lui. Bill obéit, passant ses mains sur ses joues noircies de maquillage.

-Tu sais, hier, chez Georg, on a parlé de toi... et de moi... de ce que je ressens pour toi.

Déjà angoissé, le palpitant de Bill, recommença une folle sarabande, le tendant au maximum.

-Ce que j'essaye de te dire, c'est que... putain... c'est pas facile... Je suis au courant de ce que tu éprouves pour moi.

Le chanteur se recula, ses yeux grands ouverts lançant des messages de panique et honte mélangés.

-Eh ! Fuis pas... Moi aussi je t'aime plus que de raison.

Voilà, c'était dit. Tom souffla un bon coup avant de reporter son attention sur son double.

-Tommi... t'es sérieux... ?
-Oui, Bill... très sérieux.


Silencieusement, ils se rapprochèrent l'un de l'autre, leurs fronts se touchant. Bill porta sa main sur la joue fraîche de son futur amant et la caressa doucement, son nez fin accompagna le mouvement tirant un rire étouffé à Tom. Ce dernier monta sa main dans la nuque de son frère pour le rapprocher de lui. Ils partagèrent le même souffle quelques secondes puis lentement leurs lèvres se frôlèrent, se touchèrent dans un doux contact. Juste un toucher exquis aux saveurs de fruits défendus mais au combien divin. Un deuxième effleurement, une légère pression, une sensation nouvelle réveillant des émois dans leurs corps, un frisson s'empara d'eux les parcourant. Des lèvres qui s'entrouvraient, qui se découvraient, s'apprivoisaient avec passion. Une langue qui rencontra sa jumelle pour commencer un ballet langoureux. Un baiser parfait, amoureux.
A bout de souffle, les deux jeunes hommes s'écartèrent un peu l'un de l'autre, le même sourire aux lèvres, leurs fronts toujours en contact, leurs regards vissés. Pas besoin de mots, tout était dit.

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(Fiction) Vingt ans à deux 22/09/2009

Chapitre 2:

Lundi 31 Août

Un taquin rayon de soleil jouait sur les paupières closes d'un jeune homme endormi. Bill fronça les sourcils sous la sensation de chaleur puis pour échapper à l'intrusion, il se tourna butant contre un corps allongé visiblement contre lui. De surprise, il ouvrit grand les yeux, son regard se posant contre un piercing. Il souffla de soulagement, ce n'était que son jumeau. Les évènements de la veille lui revinrent en mémoire le faisant sourire un peu niaisement. Il s'enfonça dans le lit et se colla câlinement contre le corps chaud de Tom, son nez juste au niveau du c½ur, il frotta doucement la peau douce offerte, y déposa un bisou et se rendormit en un soupir d'aise.
Tom se réveilla un peu plus tard dérangé par le chatouillement des cheveux de Bill contre son cou. Il écarta les mèches rebelles, un sourire sur les lèvres. Il resserra ses bras sur le corps de son frère contre lui, se remémorant, lui aussi, les évènements. Ils avaient beaucoup parlé tous les deux, évoquant leurs sentiments, leurs attirances, leurs attentes respectifs avec le départ de cette relation un peu spéciale. Les questions de qui mettre au courant avait bien sûr été évoqué, ce qu'ils allaient pouvoir ou non faire, l'attitude à adopter. Mais tout c'était fait avec naturel comme s'il était écrit que ça devait arriver. Ils s'étaient couchés ensemble dans le lit de Bill partageant baisers et caresses. Et Tom devait bien s'avouer qu'un réveil près de son frère était un petit délice.
Le brun émergea en douceur, se pelotonnant dans le giron des bras de son double.

-Mmmh, Tommi...
-Bonjour, mon c½ur...


Un sourire étira les lèvres de l'androgyne à l'entente du doux surnom. Il s'écarta un peu, releva la tête et planta son regard brillant de tendresse dans les orbes chocolat lui faisant face.

-Bonjour, mon ange, répondit-il coquinement.

Tom humpfa sous l'appellation et lui tira la langue. Langue que Bill saisit entre ses lèvres, débutant un chaud baiser auquel Tom répondit. Le chanteur poussa son frère sur le dos et s'installa sur lui sans cesser le baiser. Un gémissement s'échappa de la bouche de Tom devant l'ardeur du brun. Le manque d'air les fit se séparer, des étoiles dansant dans leurs prunelles.

-Et ben, motivé mon Bill au réveil...
-Pff, t'es bête... C'est juste que...


Un fard monumental s'empara des joues du cadet faisant rire le guitariste. En représailles, Bill lui assenât une tape sur le torse.

-Aie... Sois pas gêné mon c½ur, j'apprécie ta motivation.

Si possible, les joues du chanteur s'empourprèrent que plus. Puis préférant l'acte à la parlotte pour se sortir de cette situation où malgré la position, son aîné avait l'avantage, Bill posa ses lèvres purpurines sur la peau délicate du torse de son jumeau. Tom gémit sous la sensation, des papillons dansant dans son abdomen. Enhardi par le son, l'androgyne continua son exploration en alternant baisers et coups de langue. Il retraça minutieusement le galbe parfait des muscles de son frère, s'attardant sur ses mamelons qu'il taquina de la langue. Une sensation étrange prit naissance au creux de ses reins. Un peu surpris par ses émotions, Bill s'écarta et plongea son regard troublé dans celui de son frère.

-Tommi, je...
-Pourquoi, tu t'arrêtes ? C'était bien.
-Je... une drôle de ... Ah, je ne sais pas, je ressens un truc pas habituel.
-Ah, et quoi ?
-Je crois que je te désire vraiment.
-Comment ça, « vraiment » ? Parce que t'es pas sûr de toi.


La panique et la honte s'emparèrent d'un seul coup du jeune homme. Oh que si, il était sûr de lui, mais comment expliquer à son frère que malgré ses nombreuses expériences intimes, jamais il n'avait ressenti ce plaisir qui semblait s'emparer de lui chaque fois que sa peau touchait celle de son double.
Tom, désorienté devant le silence de Bill, amorça un mouvement pour s'extraire du lit, la colère et la tristesse passant tour à tour dans ses yeux.
Son jumeau le retient contre lui et inspira la douce odeur dégageait par la peau de son presque amant pour se donner du courage et tenter une explication.

-Tommi, ne croîs pas que je suis pas sûr de moi. Tu es le seul à me mettre dans cet état. Je n'ai jamais ressenti ça pour personne. Aucun avant toi, ne m'a fait vibrer, voler, planer et voir les étoiles.
-Bill, on a rien fait de bien concret encore.
-Je sais mais avant je le faisais parce qu'il le fallait, c'est tout.
-Tu es en train de me dire qu'aucun de tes ex ne t'a donné de réel plaisir.


Le jeune chanteur, honteux et anxieux de la réaction de son jumeau, opina du chef.
Tom jura et resserra sa prise sur le corps fin allongé contre lui, conscient que le côté fragile de son frère en avait besoin sous peine que ce dernier se sente rejeté.

-Mein Gott. Si je m'attendais à ça.
-Désolé, Tommi.
-Eh, sois pas désolé. Je suis plutôt flatté de savoir que je vais être le premier à te donner un orgasme.
-Parce que tu crois en être capable,
le taquina Bill.
- Je ne suis pas le dieu du sexe pour rien, hein !

A la plaisanterie récurrente de son jumeau, Bill rigola l'entraînant à sa suite. Une douce séance de chatouillis débuta entre eux.
Tom, plus fort, inversa leurs positions et se coula entre les jambes de son cadet. Leurs regards se croisèrent. Dans leurs yeux on pouvait sans peine deviner leur attachement, leur amour et leur complicité.
Bill ressentit de nouveau ce fourmillement au creux de ses reins.

-Tommi, s'il te plaît, fais moi rêver et toucher les étoiles.

Ce dernier lui sourit et glissa un regard vers la table de nuit où malheureusement le cadran du réveil lui apprit que l'heure des batifolages avait cessé. Il baissa la tête, un brin énervé contre le temps.

-Ce serait avec plaisir, mon c½ur, mais tu vas être en retard si on ne se lève pas.

La réaction du cadet des frères Kaulitz ne se fit pas attendre, il se dégagea de dessous son frère, reléguant au fond de son esprit ses envies de câlin. Il était attendu et se devait d'être à l'heure.
Il traversa la chambre en boxer sous le regard de braise de Tom. Ce dernier, devant le corps parfait qui lui échappait, jura et se promit de ne rien dire la prochaine fois. Le guitariste se redressa dans le lit, attrapa l'ordinateur portable de son frère et commença de pianoter dessus pour satisfaire lui aussi aux exigences de son job.
Dans la salle de bains, il entendit Bill prendre une rapide douche en fredonnant une vieille chanson à eux. Par automatisme, il l'accompagna tout en cherchant quoi poster sur le blog. Une idée lui vient, aujourd'hui, ce serait photo d'eux. Il mit en ligne quatre images prise par Gustav qui trouva dans les dossiers de son jumeau puis parcourut les commentaires. Toujours le même commentaire qui revenait inlassablement. Une idée traversa Tom. Et si ?

-Dis, Bill, tu jettes souvent un ½il au blog sur le site officiel ?

Le susnommé sortit de la salle de bain, une serviette nouée autour de la taille, ses cheveux retenus en un approximatif chignon, des gouttes d'eau dévalant encore son torse imberbe. Tom beugua devant l'apparition.

-Tu disais ?
-Euh... t'es sûr que tu dois y aller ? Parce que là...


Devant le regard pervers de son frère, le cadet sembla prendre conscience de sa tenue et ses joues se teintèrent de rouge. Il se détourna offrant à son amant une vue imprenable sur sa chute de rein. Tom déglutit fortement et laissa échapper un sifflet admirateur.

-Tommi, souffla l'androgyne outré. Ne pense pas qu'a ça.
-Te promènes pas devant moi si peu vêtu, alors.
-Je m'habille. Tourne toi et repose moi ta question
.

Le guitariste grogna pour la forme mais s'exécuta tout de même sinon son jumeau finirait la matinée les jambes écartées sur le lit. La pensée lui tira un sourire des plus pervers. Il inspira profondément dans le but de calmer ses ardeurs et reposa sa question.

-Je me demandais si tu allais souvent sur le blog du site officiel ?
-Ca m'arrive, pourquoi ?
- Une fan me laisse de drôle de messages et elle utilise ton surnom comme pseudo.
-C'est moi
, murmura Bill.
-Quoi ? Redemanda Tom qui n'avait pas entendu.
-C'est moi. Je croyais pas que tu le remarquerais.
-Je pouvais que le remarquer, t'es le seul à me faire une déclaration d'amour.
-Ah, bon. Personne d'autres n'en profite.
-Non. C'est bizarre mais c'est comme ça. Les commentaires tournent uniquement autour des sujets abordés.
-D'ailleurs, en parlant des sujets que tu abordes, des fois c'est assez spécial.
-T'aimes pas ?
-Si, mais parfois c'est étrange ce que tu mets.
-Eh ben, je parle d'un peu tout... je sais pas... c'est des trucs que je kiffe, voilà.
-C'est bon tu peux te tourner, suis habillé.


Tom se dépêcha d'obtempérer dans l'espoir de... peine perdue, son frère était bien vêtu ce coup ci. Il le détailla tout de même et à la question muette, il opina de la tête.

-Parfait, comme d'habitude.
-Merci, mon ange. Je file, Andy va m'attendre sinon.
-Tu vas lui dire pour nous deux ?
-Oui.


Bill se rapprocha du lit et s'assit à coté de son aîné. Leurs regards s'accrochèrent. Le jeune androgyne posa sa main sur la joue de Tom caressant du pouce les lèvres pulpeuses. Par jeu, le guitariste attrapa délicatement entre ses dents le doigt taquin.

-Tommi, je t'aime.
-Je t'aime aussi, mon c½ur.


Doucement, pour ne pas briser ce moment magique, leurs visages se rapprochèrent. Tom passa ses mains sur la nuque de son amant et colla sensuellement leurs lèvres. Il suçota lentement celle offerte, puis poussa sa langue dans la chaude cavité buccale de son frère. Ce dernier répondit avec entrain à la demande. Leurs langues s'emmêlèrent dans un lent ballet leurs tirant des frissons de plaisir. De nouveau, les joyeux lépidoptères s'invitèrent dans le ventre de Bill. Il gémit dans la bouche de son talentueux guitariste, pressant son corps contre le torse dénudé, ses bras encerclant les épaules massives.
Tom l'attira à lui, les rallongeant sur le lit. Sa main libre se faufila sous le court tee-shirt caressant la peau veloutée de ses reins. Ses lèvres délaissèrent leurs jumelles pour s'aventurer dans le cou blanc de son jumeau. Il en redessina les courbes du bout de la langue, s'attardant sur la veine battant à sa base.
Bill se cambra sous le toucher, la danse se transformant en tournoi dans son abdomen. Oublier le rendez-vous, seule comptait la sensation de chaleur irradiant dans son bas-ventre.
D'un habile coup de rein, Tom inversa leur position, d'instinct le chanteur écarta les cuisses et son frère se logea entre. Leurs bassins entrèrent en contact, un gémissement rauque leur échappa tous deux.
Glissant ses mains sur la peau découverte du ventre de Bill, Tom remonta doucement l'encombrant tissu noir, ses lèvres goûtant le lobe sensible de son cadet. Il passa le maillot par-dessus la tête brune, coinçant les mains dans les manches. Un sourire carnassier étira ses lippes. Son frère était à sa merci. Il effleura de la main l'épiderme donné, le baisa avec ferveur sur toute sa surface appréciant de la langue la douce texture et sa saveur sucrée.
Bill, les yeux fermés, tenta vainement de garder une respiration cohérente alors que toute logique le désertait. Les attouchements dont il était la consentante victime menaçaient de le rendre fou. Il ne retint pas un cri quand son frère s'empara d'un mamelon. Jamais pareille attention n'avait été si plaisante et excitante. Il se cambra, son sexe rencontrant celui de son double. Une décharge lui traversa le corps. Il rejeta la tête en arrière, un soupir erratique au bord des lèvres. Il nageait en plein plaisir.
Tom délaissa le téton entamant une lente descente faite de baisers mouillés, de chauds coups de langue et de caresses savamment appuyées. Il mima l'acte sexuel de la langue dans le nombril du chanteur lui arrachant de petits cris plaintifs. Une main se posa sur le pénis emprisonné dans sa paroi de tissu.
Bill poussa son bassin en avant à la recherche de plus de contact avec la main qui le flattait doucement. Dire que la sensation était exquise était à cent miles lieu de la réalité. Le jeune androgyne volait loin au dessus de son esprit, un volcan déversant des geysers de lave brûlante dans ses entrailles. Il cria son désir quand la langue enivrante de son frère effleura la peau noircie de son aine.

-Putain de merde !!!!!

L'appel injurieux figea les deux amants sur le lit. Dans l'embrasure de la porte, les yeux clos, une grimace tordant ses lèvres, Georg se tenait avec peine au battant de bois. Tom se redressa et lança un regard pire que noir au bassiste. Bill, honteux, les joues rouges, les lèvres gonflées des baisers de son frère, le sexe douloureux de ne pas avoir eu plus d'attention, se recroquevilla en position f½tale.

-On peut savoir ce que tu fais là ? demanda avec hargne le tressé.
-Je... 20 minutes que je frappe à l'entrée, 20 minutes. Tu avais dit rendez-vous à 11 heures. Il est 11 h 20. Moi, je poireaute avec Gus comme un con et monsieur batifole, lança avec colère Georg à l'encontre de l'aîné des frères.

Bill, à l'entente de l'heure bondit hors du lit, rajustant son haut en jurant.

-Merde, merde, Andy...

Frustré, Tom regarda son jumeau rassemblait portable, portefeuilles, clé et glissait le tout dans son grand sac.
Le chanteur ignorant son bassiste, smacka les lèvres percés de son guitariste et disparut dans le couloir telle une ombre.
L'abandonné se laissa retomber en arrière en soufflant, ses poings frappant le matelas.

-T'es content de toi, je suppose. Tu viens de faire fuir le meilleur coup de ma vie.
-T'exagères pas un peu là. Ce n'est pas Jessica Alba tout de même.
-Non, il est cent fois mieux.
-Tom, c'est que Bill.
-Rectification, c'est que mon putain de bandant de petit frère, ok.
-Ouais... si tu veux. Vous êtes complètement barges. Et quand je pense que Gus et moi, on cautionne vos conneries. On est aussi tarés que vous.
-Plus, mon yéti adoré.


Tandis que Georg grimaçait franchement sous le surnom maudit, Tom riait en se levant.

Dans le salon, Gustav assis sur le canapé luxueux des jumeaux, regarda passer un Bill essoufflé et coloré qui lui adressa juste un signe de tête. Il sourit pour lui-même, il n'avait jamais été aussi heureux d'avoir tord. Les twins s'étaient trouvés et c'était bien comme ça.
Il vit arriver un bassiste énervé qui s'assit en grommelant à ses cotés.

-Alors, qu'est-ce que t'as vu ?
- Putain ne m'en parle pas. Sont fous, complètement à la masse.
-Je t'avais dit d'attendre, mais comme d'habitude t'as pas pu.
-Oh ça va, monsieur j'ai toujours raison.
-Tu es énervé parce que t'as perdu Hobbit.
-Ne m'appelle pas comme ça. Et je sais que je te dois 50 euros
.

Le batteur lui adressa un sourire satisfait qui semblât l'exaspérer au plus haut point. Exaspération qui atteignit des sommets à l'arrivée du propriétaire des lieux.

-Alors, Wolfgang tu l'as plumé de combien ?
-Juste 50 billets... mais il a pas été futé sur ce coup.
-Surtout faîtes comme si j'étais pas là,
lâcha caustiquement Georg.
-C'était quoi le pari ?
-Il a dit que la raison de votre retard était du à une panne d'oreiller, j'ai prétendu que vous étiez occuper avec la partie centrale de votre anatomie.
-Tes expressions tuent Gus, tu sais...
-Mmmmh !!!!


Les trois amis éclatèrent de rires. Il leurs fallut quelques minutes pour reprendre leur sérieux et revenir à des préoccupations plus urgentes.
Tom se dirigea vers la cuisine, se servit un verre de jus d'orange et prit 2 coca pour ses invités. Il leur amena les boissons et s'assit pour siroter le nectar. Ses pensées vagabondèrent au fil de ses goulées, le menant vers des iris chocolat irradiant de passion, des lèvres gourmandes à la saveur unique, une peau douce comme la soie. Un sourire niais fit son apparition sur son visage amenant une remarque acerbe de Georg.

-T'as fini de fantasmer sur le cul de Bill...
-Je fantasme si je veux. Mon frère est une vraie bombe.
-C'est repartit. T'es pas net, Tom, on parle de ton jumeau.
-Laisse le tranquille
, intervient Gustav. Il est amoureux et tu sais très bien que ça ne se commande pas.
-Ouais... N'empêche que, si ça se sait, on va faire quoi ?
-Déstresse Hagen, Bill et moi, on en a parlé. On ne vous impliquera pas dedans, enfin le moins possible. Et pour le groupe ça change rien.
-Parfait. Problème suivant.
-Oui. Merci Gustav.


Les deux amis échangèrent un sourire. L'un conscient de la diversion proposée, l'autre parce que bien que très particulière, il approuvait complètement cette relation. Georg pouffa, peu crédule du manège de ses camarades. Même si il ne l'avouerait jamais, lui aussi était heureux pour les jumeaux.

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(fiction) Vingt ans à deux 28/09/2009

Chapitre 3

Bill jura en garant sa BMW grise sur le parking de la gare d'Hambourg. La voiture rouge ralentit et il put nettement voir les trois occupantes s'agiter dans l'habitacle. Malgré sa prise de risque à l'entrée du périphérique, le chanteur n'avait pas réussi à semer les groupies qui l'avaient pris en chasse à la sortie de leur résidence. Il coupa le moteur, sortit son portable de sa poche, pianota un message destiné à son meilleur ami et attendit.
Il vit rapidement arriver un grand jeune homme aux cheveux coupés très court qui slalomait entre les véhicules stationnés. Avec agilité, il évita même le trio gloussant de fan qui l'avait repéré. Bill sourit devant la ruse de son ami et déverrouilla les portières qu'il avait fermées en s'arrêtant conformément aux instructions de Saki. Andréas ouvrit la portière arrière pour poser son gros sac de voyage et monta à coté du chanteur en souriant. Bill et lui se smackèrent puis échangèrent une longue accolade.
Se retrouver était un réel plaisir. Leur amitié, vieille de longues dates, était pour chacun un point d'encrage. Pour Bill, elle lui assurait un retour à la réalité dans le tourbillon incessant du au groupe. Pour Andréas, il gardait un ½il sur le jeune homme fragile et un peu influençable, malgré qu'il affirme le contraire.
Tous les deux firent semblant d'ignorer les flashs des appareils photos des jeunes filles qui s'extasiaient devant leurs retrouvailles. Presque un mois qu'ils ne s'étaient pas vus.
Les deux jeunes hommes s'écartèrent. Des étoiles malicieuses brillaient au fond de leurs prunelles. Un sourire enjoué éclairait leurs visages.
Bill porta son regard sur l'extérieur. Les trois fans lui adressèrent de grands signes. Le chanteur souffla d'agacement et d'exaspération.

-Prêt, Andy.
-Quand tu veux, mon chou.


Rapide et efficace, Bill mit le contact, engagea sa puissante berline dans une marche arrière, sortit en trombe du parking s'attirant les coups de klaxon des automobilistes mécontents, puis tourna à droite récupérant le périphérique.

-Eh, ben, mon Billou, t'es pressé, commenta le passager.
-Elles me suivent depuis la maison. Il y a pas moyen d'avoir la paix.
- Elles ne sont pas toutes méchantes et agressives. Celles qui s'en sont prises à Tom sont des cas à part.
-Je sais, mais des fois, j'aimerais juste qu'elles me laissent respirer.
-Ouais, t'as raison.


Bill actionna son clignotant et quitta la voie rapide pour prendre la direction du centre ville.

-Alors, où on va ?
-D'abord, la boîte de nuit, ensuite la bijouterie et le traiteur puis... enfin tu verras bien.
-Tutu tt, Qu'est-ce que tu me caches ?
-C'est Tom.
-Continue. Attends, me dit pas que ça y est ?
-Oui
, souffla l'androgyne en s'empourprant.
-Yes, hurla son ami.

Le chanteur sourit, heureux d'avoir le soutien de celui qu'il considérait comme un deuxième grand frère.

-Raconte. Et n'oublie rien.
-C'est pas vieux, tu sais. Hier à midi pour être exact.
-Et c'est le bon ?
-Oui, ce que je ressens est indescriptible et tout ce que j'ai pu écrire sur les sentiments, n'est que fadaise à coté des sensations qu'il m'offre quand il me touche.
- Excellent. Je suis un génie.


Bill pouffa au souvenir des longues conversations téléphoniques qu'ils avaient tous deux eu ces derniers mois. C'était d'ailleurs en grande partie grâce à Andréas qu'il avait pu mettre un mot sur les élans de son c½ur.

-Et, vous en êtes où ? Questionna le jeune madbourgeois.
-Eh ! C'est privé ça.
-Billou chou, pas de privé entre nous.


Le dit Billou rigola.

-T'es pas croyable, Andy.
-Réponds au lieu de chercher une issue de secours. Tu me connais, je ne lâcherais pas l'affaire.


Bill soupira, résigné devant l'entêtement du jeune homme.

-Juste des petits préliminaires à cause d'un gros Yéti.

Andréas éclata de rire, son esprit imaginant tout un scénario digne d'une série B américaine. Bill, dont les pommettes rappelaient celles de solanacées trop mûrs, lui assena un coup de poing dans les côtes.

-Aïe.....Grosse brute, se plaignit Andréas.
-Tu te moques, je frappe.
-Ouais...excuse mon chou.
-T'es pardonné mais c'est que pour cette fois.


Tandis que Bill man½uvrait pour rentrer sur une case, le rire chaud et complice des deux amis emplissait l'habitacle.

Les heures avaient passés grattant inexorablement l'après-midi. Il était 17 heures au clocher de la ville et Bill sortait d'une petite boutique une légère brûlure au niveau du c½ur. Andréas le suivait, son regard bleu emprunt de malice et de fierté.

Georg resté à la maison des jumeaux, s'activait sur la terrasse. Sa mission, telle qu'il l'avait accepté consistait à tout arranger pour un tête à tête pour les deux jeunes tourtereaux.
Il disposa la table de bois au centre de la terrasse, mit de chaque coté un large fauteuil, batailla un moment pour déplacer l'imposant parasol, installa les balises solaires pour la lumière d'ambiance, puis arrangea couverts et verres sur le plan de teck. Il se recula pour juger de l'effet et sourit plutôt satisfait de lui. Il apporta le vase plein d'eau pour les fleurs qui ne devrait plus tarder.
Le jeune bassiste se demandait en son for intérieur si Tom n'en faisait pas un peu trop avec ce repas dégoulinant de romantisme. L'attirance qu'éprouvaient les jumeaux l'un pour l'autre le laissait perplexe et malgré sa joie de voir l'amour triompher, un sentiment de culpabilité ne le quittait pas. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'en tant qu'aîné, il aurait du mettre un terme à cette folie. Mais raisonner Bill était, depuis longtemps, un rêve qu'il avait cessé de caresser. Le jeune androgyne n'en faisait qu'à sa tête, suivant son instinct et ses impulsions, oubliant parfois que la raison est bonne conseillère.
Sur ces pensées, Georg regagna la cuisine pour mitonner le repas.

Tom erra dans les allées du grand magasin, son regard passant d'une chose à l'autre sans réel intérêt. Il n'ignorait pas cependant être le point de mire de l'ensemble de la clientèle. Son look en totale opposition avec l'ambiance gothique de l'enseigne.
Il admira un tee-shirt qui dénotait un peu des autres. Sa douce teinte violine en dégradée vers le bas, le motif baroque sur le devant lui plut immédiatement. Il chercha la bonne taille et ajouta l'habit à ceux qu'il tenait déjà.
Gustav le rejoignit près des caisses.

-Alors, t'as trouvé ?
-Oui, je lui ai pris 2 tee-shirts et un jean.
-Parfait.
-J'espère. De toute façon, c'est juste pour compléter, le vrai cadeau est ailleurs.
- Tu ne veux toujours pas dire ce que c'est.
-Non, Wolfgang, vous verrez demain.
-Tu vas lui donner à la soirée ?
-Sûrement pas. Je te rappelle que nous ne sommes pas censés nous offrir quoique ce soit.
-Foutaise que tout ça, vous passez votre temps à vous en faire.
-Je sais mais ce n'est pas mon idée. Vois avec Dédé.
-S'il t'entendait.
-Il n'est pas là et tu ne lui diras pas.
-Je sais « Qui n'entend, ne sait ».


Tom éclata de rire suivi par le batteur sous les yeux un peu perplexe de la caissière ne comprenant pas l'hilarité des deux superbes jeunes hommes face à elle.

Andréas et Bill regagnèrent la maison les premiers. L'androgyne gara sa BMW devant les portes closes du garage.

-Je t'ouvre, proposa son ami.
-Non, j'ai interdiction formelle d'y mettre les pieds depuis dix jours.
-Ah ! Ton cadeau, je suppose.
-Oui, c'est une moto.
-Comment tu sais ?
s'exclama le jeune homme un air surpris sur le visage.
-J'ai pas triché, se défendit le chanteur. Je lui en offre une aussi.
-Putain vos trucs de jumeaux, c'est flippant.


Bill sortit de la voiture, le sourire aux lèvres. Andy avait beau les connaître depuis les couches culottes, il oubliait régulièrement « les trucs de jumeaux ».

Andréas, qui était au courant des préparatifs en cours, orienta le chanteur vers le salon. Georg les y rejoignit avec verre et Coca.

-Alors, tout est prêt pour demain, questionnât-il en posant son plateau sur la table basse.
-Oui. Ce devrait être une superbe fête, lui répondit Andréas avec un clin d'½il.

Bill, ignorant la conversation autour de lui, ouvrit le petit sac qu'il tenait et en sortit un long étui. D'un geste délicat, il actionna le fermoir, son regard se posant sur la superbe montre qu'il offrirait à son frère dans quelques heures.
Georg siffla, admiratif, devant la pièce d'horlogerie dont le verre sérigraphie d'une guitare brillait doucement.

-Superbe. S'il n'est pas content, je suis preneur, plaisanta le bassiste.
-Il te la laissera peut-être mais son autre surprise, je ne crois pas.
-Parce qu'il y en a une autre ?
-Oh oui ! Et elle est de taille. Fait lui voir Bill.
-Andy, t'es pas vrai. Tu ne peux pas te taire.
-Ne fais pas ta mijaurée, montre-lui.
-Ne m'appelle pas comme ça.
-Alors, je peux voir
.

Bill leva les yeux au ciel signe de son énervement mais obtempéra tout de même en relevant son tee-shirt laissant voir un pansement au niveau du c½ur. Georg le fixa incrédule.

-Un autre tatouage...
-Non, encore mieux,
lui indiqua Andy qui jubilait intérieurement.
-Bill, qu'est-ce que tu as fait ?
-Un piercing,
murmura le chanteur qui sentait venir une tempête.
-Un piercing... répéta le bassiste hébété, sa main se portant à son propre torse.

Ces yeux s'ouvrirent comme des soucoupes et il éructa :

-Un piercing au téton. Mais t'es tombé sur la tête, ma parole. T'es fou. T'as pensé aux conséquences...
-Eh ! Georg, du calme
, le coupa Andréas conscient du ratatinement du chanteur à coté de lui.
-Que je me calme... attends Andy, pense aux conséquences. Putain, on n'a pas fini d'en entendre parler.
- Je ne vois pas où est le problème.
-Tu ne vois pas. C'est vrai après tout, ce n'est pas comme si personne ne descendait Bill en flèche à chacun de ses actes,
Lança ironiquement le jeune homme en levant les bras au ciel.
-On n'est pas obligé de le dire, tenta le jeune brun, un sentiment de culpabilité dans le ventre et les yeux pleins de larmes.
-Pas le dire, mais c'est trop tard. Ca se sait déjà, cria Georg dans sa direction ignorant le regard embués de larmes de son chanteur.

Seulement et malheureusement pour lui, Andréas, bon observateur, remarqua les perles salées accrochées aux cils de son ami. D'un geste possessif et rassurant, il le prit contre lui, décochant un regard noir au lissé. Ce dernier baissa la tête, honteux de son emportement, mais l'inquiétude des retombées médiatiques sur une telle idée reprit le dessus.

-Ne rajoute rien, Geo, le prévient Andréas. Bill fait ce qu'il veut.
-Evidemment qu'il fait ce qu'il veut, mais quand même...
tenta le bassiste.
-Hagen, tu m'aimes plus, souffla l'androgyne en relevant la tête.

Son regard brun, d'habitude si pétillant, était empli de tristesse. Une petite moue d'enfant étirait ses lèvres. Une goutte noire glissait lentement sur la peau douce de sa joue. Georg craqua et lui ouvrit ses bras.

-Mais si, gros bêta, je t'aime toujours.

Bill n'en demanda pas plus et sauta au cou de son talentueux bassiste rigolant aux éclats comme un enfant. Andréas pouffa, attendri par la scène. Georg malgré son air de gros dur, était un nounours au c½ur de marshmallow. Et Bill menait vraiment son petit monde par le bout du nez.

La conversation reprit, tournant principalement autour de la fête d'anniversaire des jumeaux, peut-être le plus attendu des événements mondains de cette rentrée 2009.

Tom et Gustav arrivèrent aux alentours de 18 h 30. Bill se leva, contourna le canapé et s'approcha de son frère presque timidement. Le guitariste lui sourit, attrapa son poignet et l'attira contre lui. Ils échangèrent un regard amoureux et un chaste baiser.

Gustav regarda la scène, attendri. Des questions, il s'en posait à l'instar de Georg. C'était tout de même un sérieux chamboulement au sein de leur groupe. Mais le sentiment qui primait chez lui, était la joie devant le charmant tableau des jumeaux enlacés. Le rire tonitruant d'Andréas le sortit de ses réflexions et il reporta son attention sur les occupants de la pièce.

Tous se rassirent et Georg resservit du Coca sous les taquineries d'Andy et Tom.
Bill n'écouta que d'une oreille ce qui ce disait. Il se cala contre le flanc chaud de son frère, posa sa tête sur son épaule, prit sa main dans ses longs doigts fins et soupira de bien-être. Il ferma les yeux laissant le bonheur simple d'avoir son petit monde réuni autour de lui. Une douce torpeur commença à l'envahir, détendant ses muscles. Sans vraiment sans rendre compte, il se laissa gagner par la somnolence.

Tom, conscient de l'assoupissement de son jumeau contre lui, en profita pour demander à Georg où en étaient les préparatifs de son repas.

-T'inquiètes, tout est prêt. Table et déco mise. Pour le repas, y a juste à réchauffer.
-Cool, merci Hagen.
-Et tu lui as acheté quoi ?
Demanda Andréas en désignant du doigt le sac au pied du tressé.
-2 tee-shirts et un jean, plus ce qu'il y a dans le garage.
-Il sait,
rajouta le jeune madbourgeois.
-Oui, normal, répondit en souriant l'aîné des Kaulitz.
-« Truc de jumeaux », souffla Gustav en souriant.

Tom acquiesça de la tête et passa son bras sur les épaules de son chanteur. Bill bougea, recherchant un autre appui. Il se laissa glisser, posant sa tête brune sur les cuisses de son frère, étendit ses jambes sur le canapé, soupira et se rendormit.
Perplexe, Tom se tourna vers leur meilleur ami.

-Andy, tu lui as fait faire quoi ?
- Je ne peux pas te dire. Juste tu ne seras pas déçu.


Georg, à l'évocation de l'utilité du piercing, grimaça, des images perturbantes surgissant de son imagination.

-Andy, ne parle pas de ça.
-Geo, t'es qu'un obsédé
, lança Andréas en souriant malicieusement puis se tournant vers le tressé. T'inquiète Tom, tu vas adorer.
-Mmm !
- Bon, de toute façon, ce n'est pas notre problème.
Conclut Gustav. Je crois qu'on a autre chose à voir.

De ses doigts, il mima un geste d'argent. Les trois regards, à coté de lui, s'éclairèrent.

-Oh que oui, s'écria Andy. A vos carnets, messieurs, c'est l'heure des comptes.

Le tumulte réveilla Bill qui maugréa.

-Vous faites quoi ?
-Ah ! Billou
, s'exclama le bassiste. On va mettre les comptes à jour.

Le chanteur se redressa pour permettre à son jumeau de se lever et regarda ses amis sortirent de leurs sacs des petits carnets de couleur. Une lueur d'agacement traversa ses orbes chocolat.

-C'est pas vrai. Vous avez encore pariés.
-Oui,
répondirent en c½ur les quatre joueurs.
-Et sur quoi ? demanda énervé l'androgyne ignorant la l'idée fugace que la réponse n'allait pas lui plaire.
-Toi, souffla Gustav.
-Toi, enchérit Georg avec un clin d'½il.
-Toi, continua Andy.
-Toi, conclut son jumeau.
-Putain, vous faîtes chier, cria Bill en se levant. Vais prendre une douche et me changer. Je vous laisse à vos passions tordues. Et à la question : « Tu crois qu'il est vexé ». La réponse est oui. Ca vous évitera de parier.

Sur ce, il leur fit un magnifique fuck doublé d'un tirage de langue sexy et tourna les talons sous les rires de ses amis. Il gagna l'étage, plus particulièrement sa salle de bains où il entra en trombe. Dieu que cette mauvaise habitude de toujours jouer de l'argent sur chacune de ses idées, de ses décisions, faits et gestes pouvait l'agacer. Andréas avait prit cette manie à l'école avec son frère. Bien entendu, Gus et Geo avait suivi. Bill savait que parfois même David, Dunja et d'autre s'abandonner au vice de l'argent.
Il se posa devant le miroir observant son reflet encore endormi. Il ôta son maillot s'arrêtant sur le petit pansement qui ornait son torse. Il l'enleva précautionneusement. Dessous la chair gonflé et légèrement douloureuse de son téton était traversée par un petit anneau d'argent munis d'une bille en son centre. Sur la bille, caché par la peau, un petit T calligraphié rappelant l'être le plus cher à son c½ur. Bill sourit, fier de lui. Tom allait adorer, c'était certain.
Il finit de se dévêtir et rentra dans la cabine de douche. L'eau ruissela sur sa peau blanche, lui tirant un frisson des plus agréables. Il prit son gel douche au caramel et se lava en fredonnant une chanson. S'en suivit un bon rinçage. Il sortit de la cabine et s'enroula dans une serviette pour gagner sa chambre. Devant son armoire, se posa le problème cornélien du choix de ses habits. Il ne tenait pas à ce que Tom aperçoive l'anneau avant qu'il est décidé lui-même de lui montrer. Il opta pour un tee-shirt au motif en argent épais et un jean serré. Une fois habillé, il se maquilla, se coiffa et s'admira dans la glace.
L'image renvoyée par le verre poli, le troubla quelques secondes. Bill se savait beau. On le lui avait tellement répété, qu'il ne pouvait l'ignorer. Il avait juste du mal avec. Il en jouait pour son métier mais une fois seul avec lui-même, son assurance fondait et il doutait de lui. Sa sensibilité à fleur de peau, ses émotions sans cesse misent en avant en faisait un jeune homme fragile.
Il se sourit à lui-même et redescendit priant pour que son clan en ait fini avec leurs bêtises. Il aspirait à être seul avec son frère, pour fêter comme il se devait leur vingtième anniversaire.
La chance sembla être avec lui. Le batteur, le bassiste et son ami étaient levés visiblement sur le départ.

Tom l'ayant entendu descendre, se tourna vers lui. Son regard parcourut le corps sublime mis en avant par de beaux habits. Une douce chaleur se répandit dans ses veines. Son frère était un vrai appel à la luxure. Il lui lança un regard que Bill qualifia de pervers. En réponse l'androgyne passa sensuellement sa langue sur ses lèvres glossées.
Gustav, devant l'échange de pensées lubriques des deux amoureux, prit la direction des opérations.

-Bon, on va vous laisser. A demain. 21 H au lieu de rendez-vous.
-Mmm,
murmura Bill en pleine séance d'allumage de son guitariste.
-Ouais, à demain, confirma Tom sans quittait des yeux sa proie.

Conscient d'être de trop, les trois amis sortirent laissant les twins seuls avec leurs envies.

Bill, s'avança d'une démarche féline, un sourire aux lippes.

-Enfin seul...
-Exact, mon c½ur.
-Programme.
-Sexe,
tenta avec un regard en coin son jumeau.
-Tom, pouffa son amant. T'es incorrigible.
-D'accord,
capitula faussement ce dernier. Repas, cadeau et sexe.
-Ok.


Bill éclata d'un rire clair et joyeux. Tom le prit par la main et l'entraîna sur la terrasse pour la première partie de sa surprise.

Le soleil descendait lentement sur l'horizon nimbant le ciel de chaudes teintes orangées. Le pépiement des oiseaux laissa peu à peu place au chant des dernières cigales de l'été. Une pipistrelle prit son envol. Une première étoile apparut dans le couchant.
Bill assista au dernier spectacle de la nature pour cette journée, un doux sourire aux lèvres, un sentiment de plénitude emplissant son c½ur. Assis sur un fauteuil de la terrasse, devant une superbe table orné d'un bouquet de roses et de lys, il attendait patiemment que son aîné revienne avec le repas.
Il le regarda arriver, les yeux brillants de désir, de malice et de joie mélangé.
Tom, les mains encombrées par un plateau, avançait à pas prudents sur le bois. Il s'était changé troquant son tee-shirt contre un marcel blanc, son baggy contre un pantacourt de lin beige. Il allait pieds nus.
Bill le détailla. La coupe du maillot mettant en évidence ses bras musclés, son torse galbé, la couleur miel de sa peau. Autant de détails que l'androgyne qualifia de sexy.
Tom posa le plateau sur la table, tendant une assiette garnie à son frère. Il prit l'autre et s'assit à son tour.

-Bon appétit, mon c½ur.

Son sourire coquin indiqua clairement à Bill que la phrase était à double sens et que son matage ne lui avait pas échappé. Le cadet lui répondit en se léchant les lèvres déclarant ainsi ouvert le jeu de la séduction et du désir.
Le rire chaud de Tom s'éleva dans l'air tiède du soir.

- Bill, ne joue pas à ça. Tu vas perdre.
-Jouer à quoi ?
Tenta de feinter le chanteur.
-Pff ! T'es bêta mais je t'aime.

La déclaration fit frissonner le cadet, un délicieux fourmillement se réveillant dans son corps. Une teinte carminée prit possession de ses pommettes.

-T'es mignon quand tu rougis.
-Tommi...
Lâcha plaintivement Bill dans l'espoir de voir partir sa gêne.

Le tressé pouffa gentiment et attaqua son assiette de salade. Son frère l'imita.
Le repas se poursuivit en silence, leurs pieds s'emmêlant et se démêlant sous la table, leurs yeux échangeant des regards remplis d'envie de l'autre.
Le dessert, de fines crêpes flambées, fut rapidement avalé.

Bill se lécha les lippes pour récupérer les dernières particules sucrées, se leva, contourna la table, écarta le fauteuil de son jumeau et s'assit à califourchon sur ses cuisses. Leurs fronts se touchèrent, leurs souffles se mélangeant, leurs orbes chocolat s'accrochant. De sa main, Bill caressa la joue à la peau douce retraçant le contour des courbes parfaites de son amant.
Tom avança la tête, soufflant sur la bouche de l'androgyne une suave saveur de sucre et d'alcool. Il pointa le bout de sa langue, la glissa entre les lèvres ouvertes, goûtant sa jumelle. Elles se taquinèrent gentiment en un doux combat puis le baiser débuta, chaud, avide, fougueux. Un parfait reflet du désir qui grandissait en eux.
Le manque d'air les fit s'écarter à regret.
Bill, les yeux toujours fermés du baiser, le c½ur en fête, glissa ses mains sur le torse de son frère, caressant le tissu de sa paume. Il s'arrêta au niveau du c½ur, ouvrit les yeux, regarda son frère.

-J'ai un cadeau pour toi, Tommi... Là, précisât-il en appuyant sa main contre l'organe vitale.

Puis il se pencha, embrassa le tissu happant à travers le petit bout de chair. Tom frissonna violemment.

- Je ne comprends pas.
-Chut !


Bill se redressa, enleva son tee-shirt, prit la main de Tom et la posa sur son téton. Une décharge électrique le traversa. Il trembla.

-Waouh ! s'exclama le guitariste

Tom, le regard brillant d'envie devant le piercing, en fit le tour de son pouce, se pencha, posa ses lèvres sur le petit renflement, aspira l'anneau dans sa bouche et le suçota doucement.
Bill, les mains sur les épaules de son frère, le corps parcourut de milliers d'aiguilles de désir, renversa la tête en arrière gémissant. Le fourmillement au creux de ses reins avait gagné en intensité pour devenir un fleuve de chaleur.
Tom câlina plusieurs minutes le délicat téton de la langue faisant monter son désir et les cris de son double dans les aigus.
Bill avait commencé un troublant mouvement de bassin en réponse à la douce torture, faisant gonfler leurs virilités dans leurs vêtements.
Le guitariste délaissa son présent érotique, remontant sur la peau offerte avec la langue. Il alla chercher la bouche de son frère et l'embrassa fougueusement. Bill répondit avidement, laissant son aîné envahir sa chaude cavité. Les mains de Tom reprirent leurs attouchements sur l'épiderme délicat de l'androgyne, retraçant ses contours, découvrant les points sensibles de son torse blanc, jouant dans son nombril.
Bill soufflait son extase dans la bouche de son guitariste.
Ils se séparèrent les lèvres gonflées, l'esprit centré sur l'autre, le bas ventre en feu. Leurs prunelles noires d'envie se fixèrent.

-Tom, bête de sexe, fais moi l'amour ou je ne réponds plus de mon corps.

La réplique, emprunté à un vieux film des années 80, électrisa le tressé.

-A vos ordres, mon amour.

Bill s'empourpra. Leurs bouches se trouvèrent pour un autre baiser passionné. Tom poussa Bill à l'arrière, l'obligeant à se lever. Ils ne rompirent pas l'étreinte buccale. L'un à reculons, l'autre le guidant tour à tour, les lèvres scellées, les mains s'activant à un déshabillage rapide, ils gagnèrent la chambre de l'androgyne.

Près du grand lit aux draps de coton, Bill se libéra des bras de son jumeau et alluma sa lampe de chevet, répandant une douce clarté sur leur peau. Ils s'observèrent, nus comme au premier jour, si semblables et en même temps si différents. Les yeux vibraient des échos de volupté des cajoleries échangées.

Tom s'avança, posa ses deux mains sur les hanches efféminées de son partenaire, l'allongea sur le matelas et prit naturellement place entre ses cuisses ouvertes. La symphonie des mains reprit.
Bill se laissa aller et Tom, comme sur les cordes de sa guitare, créa sur la peau dédiée une partition de tendresse. Des accords crescendo, des notes majeures de désir, des sonorités érotiques l'encourageant lui parvenaient dans la mélodie que son chanteur lançait dans l'air enflammé de la pièce.
Plus rien n'avait d'importance que ce pur moment de partage, de sensations poussées à l'extrême, se vibrant hommage à leur amour, la perspective de ne faire qu'un avec l'être aimé.
Les mains de Tom se refermèrent sur la fierté dressée de son jumeau. Le chanteur s'arqua, écarta encore un peu plus les jambes, abandonné à la passion. Il vibrait, s'embrasait de l'intérieur, découvrant la joie d'un plaisir vrai. Le torrent dans son bas ventre se transforma en cascade quand Tom posa ses lèvres sur la hampe dure.
Le guitariste goûta la peau à la saveur douce amère. Il s'amusa avec sa langue créant des arabesques imaginaires sur l'épiderme sensible, s'attardant parfois sur le gland rougi en une légère succion humide, ses doigts titillant l'entrée humide de son amant.
Bill gémit sous la lente intrusion. La légère gêne s'estompa vite sous le toucher expert de son jumeau. Il sentit les intrus se plier et se déplier en lui, créant sur sa paroi intime un frottement des plus plaisants. La cascade se modifia encore, prenant des allures de rivière impétueuse, martelant son ventre d'ardents soubresauts. Il trembla violemment, à la porte de la jouissance.
Tom enserra entre ses lèvres le sexe érigé, ses dents raclant le derme fin, ses doigts cajolant le renflement intime.
Un blanc intense derrière des paupières closes.
Il aspira le membre au creux de sa gorge, le bout tapant contre son palais.
Un éclair de volupté dans un esprit liquide d'émotions.
De sa main libre, il taquina le petit anneau argenté, le faisant bouger entre ses doigts agiles. Sa bouche gourmande courtisa de la langue le pénis sur sa longueur. Il comprima fortement la prostate d'une pression des doigts.
L'explosion d'une étoile. Un cri.
Bill se cambra une ultime fois, déversant son fluide dans la bouche de son frère. Il retomba sur le matelas, cherchant son souffle, les joues rouges, les yeux fermés, le c½ur cognant un rythme effréné, la peau luisante.
Tom remonta vers son visage le regardant voler. Il le trouva sublime. Le plaisir lui allait si bien. Il embrassa ses joues, lécha ses lèvres entrouvertes, dériva sur son oreille en une ligne de doux baiser mouillés, mordilla le lobe tendre.

-Tommi... mmh !

Le guitariste s'enhardit sous la supplique et le concerto des mains reprit vie sur le corps brûlant. Il y ajouta la frénésie de son muscle buccale. Un tango enivrant de sucions, de baisers, de délicates morsures. Traçant une ligne le long du plexus de son amant, il gagna le ventre plat, le flattant de sa paume et de sa langue.
Bill s'éveilla à nouveau. D'un mouvement de rein, il inversa les positions. Et reprit la danse.
Le ballet devient plus doux, presque lent. De baisers appuyés, de frôlements de doigts, il découvrait le corps parfait de son tendre tortionnaire. Il descendait lentement le long des flancs palpitants, amadouant l'épiderme de larges faveurs. Il retraça le V musculeux de l'aine en un lapement enfiévré, son menton butant contre la chair dur du sexe de son amant. Il le happa en bouche, humidifiant de salive la peau délicate.
Tom haleta sous la sensation. Le plaisir montait par vagues au creux de ses reins.
Bill s'assit sur le bassin de son jumeau, une lueur lubrique au fond des yeux. Il ondula lentement. Le sexe convoité cognant son entrée.

-Bill... fais-le.
-Comme il vous plaira, mon amour.


Avec un sourire vainqueur, l'androgyne amena la fierté gonflée contre son anneau de chair et d'une poussée du bassin l'introduit au plus profond de lui. Un cri leur échappa tous deux.
Ils se murent d'abord doucement puis le rythme s'éleva crescendo. Le métronome de leur union charnelle dépassa le forte quand d'un coup d'hanche subtile, le tressé retourna les choses à son avantage. La cadence instaurée prit de l'ampleur au diapason des mouvements de son sexe dans l'intimité brûlante de son double. Sa verge dure flagornant le point G.
Un rock endiablé commença. De longues et profondes intrusions, des poussées avides de toujours plus répondaient au martèlement de l'océan de chaleur en eux. Les peaux humides s'emboîtaient à la perfection.
Les doigts de Bill griffaient le dos du guitariste à chaque décharge de plaisir ressentie. Le sexe dur malmenant délicieusement sa prostate.
La jouissance était proche.
Tom reprit ses mignotements sur le phallus dilaté comblant d'émoi son chanteur.
Ce dernier resserra ses chairs autour du membre viril enfoncé en lui.
Ils tremblèrent à l'unisson. D'un ultime mouvement de bassin, Tom se déversa. La sensation exquise fit haleter Bill qui se libéra entre leurs deux ventres collés.
Plaisir au paroxysme, sensation divine de plénitude traversèrent pour la première fois le c½ur du chanteur. Des larmes dévalèrent ses joues rougies. Larmes de joie d'avoir découvert les étoiles. Les étoiles d'un premier vrai orgasme au creux des bras amoureux de celui qu'il considérait à plus d'un titre comme son Tout.
Tom se retira du corps chaud et s'allongea sur le coté. Ses prunelles encore dilatées, se posèrent sur le fin visage baigné de perles salées. Sans un mot, avec délicatesse, il essuya les joues avec son pouce. Puis il attira son frère contre lui. Une étreinte rassurante pour le jeune androgyne.

-Merci, Tommi... je t'aime.
-Je t'aime aussi Billou.


De son nez, Bill chatouilla le cou du guitariste, humant son odeur épicée des jeux interdits.

Une discrète sonnerie retentit dans la chambre provenant du sol. Bill sourit, se redressa sur ses coudes et son regard noyé dans celui de son aîné lança dans l'air :

-Joyeux anniversaire, grand frère.
-Joyeux anniversaire, petit frère.


Un même regard pétillant, un sourire coquin, les deux amants si semblables éclatèrent de rire. Un rire joyeux et sincère.
Ils se câlinèrent encore un peu, emmêlant leurs doigts, leurs jambes, leurs regards, leurs souffles. Mais le sommeil les rattrapa laissant le temps filer vers la première aube des 20 ans des jumeaux Kaulitz.

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(Fiction) Vingt ans à deux 02/10/2009

Chapitre 4

Mardi 1 septembre

Au même moment, à quelques kilomètres, dans un luxueux appartement, trois jeunes hommes, installés sur un grand et moelleux canapé, discutent en sirotant une boisson alcoolisée.

-Ils vont le faire.
-Ne dit pas n'importe quoi. Ils ne peuvent pas.
-Et pourquoi ?
-Sont frères.
-Quelle importance. Sont amoureux.
-Trouves d'autres raisons.
-Mm, en ai au moins trois.
-T'écoutes.
-L' amour, le piercing, Bill est une bombe.
-Putain, vous avez quoi avec Bill ?
-Ouvre les yeux, man, il fait fantasmer mecs et nana confondus. Donc c'est une bombe.
-Ouais...
-Il a raison.
-Tu ne vas pas t'y mettre.
-Bill et Tom sont parfaits ensemble, c'est mon avis.
-Yes.
-D'accord, j'abdique.
-Géant.
-Parfait, maintenant on parie.
-Sur quoi ?
-Ben, le dominant.
-Bill.
-Tom.
-Les deux.
-Combien ?
-100 ou rien.
-Tenu.
-Ca me va.


D'une claque dans la paume de leurs mains les trois compères scellèrent leur accord et burent à longues gorgées leurs verres. Dans un ensemble parfait, ils gagnèrent ensuite leurs lits pour être en forme le soir même.

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A l'heure où le chariot de feu quitte sa caverne pour éclairer nos journée, Bill, fraîchement douché, vêtu d'un unique boxer, est assis à son bureau, son stylo plume à la main parcourant les pages encore vierge du précieux carnet de cuir devant lui.



Mon très cher ami,
La nuit a laissé place au jour. Et quelle nuit ! Nuit parfaite, sublime, envoûtante. Tom m'a offert le plus beau cadeau du monde : l'amour et le plaisir. Cet amour et ce plaisir que les grands écrivains tracent en majuscule dans leurs romans. Mais ne suis-je pas égoïste et égocentrique ? Egoïste de le priver du bonheur de fonder une famille avec une femme aimante, égocentrique de ne penser qu'à mon bon plaisir ?
Il dit m'aimer mais m'aime-t-il autant que je le chéris ?
Trop de questions en ce petit matin d'anniversaire dont je n'ai pas la réponse. Juste la joie et le bonheur de le regarder dormir, étendu dans les draps, les traits du visage calme. Un ange, un ange parfait, mon ange parfait.
Je l'aime et n'en doute plus depuis longtemps. Cette évidence qu'Andréas m'a obligé à accepter, à reconnaître comme partie intégrante de moi. Oui, de moi. Il vit en moi, danse en moi, chante en moi. Il est mon tout.
Un tout que je détourne du droit chemin et embarque dans une relation peu commune, une relation incestueuse ? Mesure-t-il la portée de nos actes, de nos échanges ?
Il a répondu oui mais moi, je doute, encore et encore. Un doute mêlé de peur d'être qu'un nom, un trophée sur une liste déjà trop longue. Une peur irraisonnée, qu'à l'instant où son regard croisera le mien, je n'y vois que honte, dégoût, fureur et colère.
Y survivre, je ne m'en sais pas capable. Tom m'achèverait plus facilement que les critiques dont je suis la cible incessante. Tout ce qui vient de lui, me touche, s'imprime en lettres de feu dans mon c½ur et mon âme. Ce qu'il pense est toujours d'une telle importance. Son avis, ses souhaits, ses désirs. Je me sais capable de tout pour lui et même de l'impensable. Alors survivre à son rejet, non. Pas après avoir goûté à la joie charnelle de ses bras, à ces mots d'amour, à son regard de braise sur mon corps, à cette union si complète de nos deux âmes. L'a-t-il ressenti d'ailleurs, ce sentiment sublime de n'être enfin qu'un ?
Moi, il me poursuit depuis cette nuit, au creux de mon c½ur, de mes rêves, de mon âme.
Ce matin, je peux enfin l'affirmer, j'ai trouvé mon rocher, mon port, ma liberté. Je suis complet. Et je le dois à mon ange de perfection, Mon jumeau, mon Tom.
Mon ange qui s'éveille tout doucement a coté de moi. Que va-t-il dire ? Je redoute un peu ce moment.
Je le regarde sortir de sa torpeur et sourit. Sourit parce quoi qu'il advienne, un matin, j'aurai contemplé la perfection. Je l'aime.

A demain cher ami.
Bill K.

Bill posa sa plume, inséra délicatement la feuille de papier buvard entre les pages noircies de son journal intime et referma soigneusement le précieux confident.

Sur le lit, Tom, sortant du sommeil, gémit, s'étira, bailla avant d'ouvrir les yeux. Quelques secondes lui furent nécessaires pour analyser le pourquoi du comment. Pourquoi était-il dans le lit de son frère ? Comment y avait-il fini nu ?
Flash de douceur, de tendresse, de passion lui revinrent en mémoire et il sourit. Un beau sourire tandis qu'il cherchait du regard l'auteur de ses bons moments. Il tourna la tête et le vit, assis sur sa chaise de bureau, une jambe remontée contre son torse encerclé par ses bras, son menton en appui sur son genou.

-Bonjour, mon c½ur.

Un souffle de soulagement, un tendre sourire redonna joie eu faciès songeur du jeune androgyne.

-Bien dormi ? Continua Tom en se tournant vers lui dévoilant le haut de son torse musclé.
-Oui. Et toi ?
-Super bien. Viens.


Et il lui tendit la main.
N'attendant que cette invitation, Bill se leva et d'un bond se retrouva sur le lit à coté de son frère, riant aux éclats comme un enfant.

Tom sourit, attira son chanteur contre lui et le cala contre son torse. Il fondit sur ses lèvres purpurines et d'autorité commença un fougueux baiser. Bill y répondit avec passion. Ils jouèrent avec leurs muscles buccaux de longues minutes, terminant l'échange par de doux smacks.

-Raconte-moi, souffla Tom dans le cou de son amant.
-Quoi ?
-Tout. Te connais par c½ur. Il y a que deux raisons à un réveil si matinal : le stress et le boulot. Ce n'est pas le boulot, c'est notre anniversaire. Reste le stress.
-Bravo Sherlock
, ironisa Bill en enfouissant son nez dans les tresses de son double.
-Raconte, insista le guitariste en lui caressant le dos en des gestes rassurants.
-Peur... juste peur que tu réalises avoir fait une erreur.
-Moi, une erreur avec toi. Jamais. Je suis sincère Bill, je t'aime.


Un sourire étira les lippes carmines de son jumeau. Il frissonna doucement, heureux de cette déclaration, se collant que plus contre le torse chaud. Il s'y pelotonna comme un petit chat, ronronnant presque.

-Maintenant que t'es rassuré, on ouvre nos cadeaux.

Bill se releva d'un coup de rein, cognant au passage le menton de son frère avec son crâne. Tom jura de douleur.

-Pardon, Tommi, pardon.
-Mmmm... ça fait mal, merde.
-Pardon.
-Ouais t'es pardonné si tu me fais un bisou.


Le chanteur se rassit doucement et se pencha vers les lèvres pleines de son double. Il souffla dessus, sa main droite caressant le point douloureux. Il passa son bout de langue sur le piercing au labret, le léchant sensuellement. Il retraça le contour de la bouche convoitée, poussa son muscle percé entre et colla leurs deux langues ensemble pour un ballet lent, tournoyant autour de sa jumelle, goûtant sa saveur, appréciant sa douceur.
Tom gémit. Il posa une main sur la nuque de son frère, approfondissant le baiser, l'autre trouvant sur le torse fin, le petit téton percé.
Bill répondit à l'implicite demande et s'allongea sur le corps chaud, leurs bassins se murent dans un synchronisme parfait. Un couinement leur échappa.
Bill s'enhardit et recommença. Tom suivit la cadence imposé, son sexe gonflant doucement sous les frottements.
Bill se releva et vira d'un mouvement rapide de main le drap et son boxer puis reprit sa place.
Le guitariste l'accueillit entre ses jambes en gémissant fortement.
La passion et l'excitation montaient très vite, les sexes gorgés de sang se caressant à un rythme déjà endiablé.
Bill haletait dans le cou de son frère, les sensations arrivant de toutes parts. Il l'embrassa avidement, ses mains parcourant ses flancs, son bassin en un perpétuel mouvement. Pas de tendresse, juste un besoin, une urgence de se sentir comblé et un.
Tom répondit au baiser, pressant ces deux mains sur les fesses douces de son jumeau. Il allait venir et ne le souhaitait pas de cette manière.

-Bill... attends... pas comme ça.

Le jeune androgyne se stoppa et planta un regard d'incompréhension dans les orbes noirs de son double.
Pour toute indication, Tom porta sa main à sa bouche et suça lentement les doigts fins.
Bill sourit, son frère voulait jouer, il allait jouer. Il se releva et s'assit sur le bassin tendu. D'une main il se caressa le téton et de l'autre prit son phallus en main, s'imposant une cadence rapide.
Tom hoqueta devant la vision érotique que lui offrait son jumeau en ondulant sur lui. Un appel au viol. Il se redressa et colla leurs torses, s'emparant à nouveau de ses lèvres gonflées. Puis il le renversa sur le lit et introduit deux doigts dans son intimité bouillante.
Bill se cambra sous l'intrusion. Le feu malmenait ses reins et une vague de plaisir déferlait dans son bas ventre. Il voulait son frère tout de suite. Il porta sa main à sa bouche et s'enduit généreusement la paume de salive.
Tom continuait ses attouchements intimes. Il sursauta quand son frère déposa la substance visqueuse sur son membre en feu. Il le regarda et lut dans ses yeux les mêmes attentes que lui. D'un hochement de tête, il lui signifiât son accord et commença sa progression dans l'antre chaud.
Bill s'arqua, le souffle court. C'était divinement bon.
Le guitariste s enfonça jusqu'à la garde et s'immobilisa savourant le contact de leurs chairs.
Puis il entama le mouvement inverse au son des couinements de son jumeau.

-Oui, encore...

Tom poussa, plus vite, plus fort, plus loin, butant contre la prostate à chaque passage.

-Tommi... plus fort.

Ce dernier répondit aux injections de son frère et accéléra encore, pilonnant la caverne humide. De la main, il compressa la virilité contre son ventre faisant hurler le chanteur de plaisir. Puis il lui imposa le même rythme qu'à son bassin.
En quelques coups, Bill se déversa dans les doigts rugueux du guitariste. Ses chairs se contractèrent autour du sexe de son frère qui éjacula sous la sensation.

Tom se laissa aller sur son jumeau, l'écrasant de son poids. Mais Bill n'en avait rien à faire. Il volait d'un plaisir brutal loin au dessus de lui-même.

-Waouh ! Fut tout se qu'il parvient à articuler.

Il leur fallut plusieurs minutes pour reprendre une respiration normale.
Tom, le premier, brisa le silence.

-Bill, suis désolé...

Le chanteur se raidit dans les bras du tressé en proie au doute de nouveau.

-Comment ça, désolé ?
-Je crois que je t'ai fait mal.
-Mal, non, du bien, oui.
-Mais c'était rapide et pas super tendre.
-Tom, si tu m'aimes, ne t'excuse jamais de me faire l'amour car jamais personne ne m'a procuré autant de plaisir que toi ces dernières heures, personne
.

Pour toute réponse, le guitariste resserra ses bras autour du corps fin. Bill soupira d'aise. Le bonheur d'être aimé était enfin là.
Ils se cajolèrent quelques minutes, puis Tom se leva sous le regard surpris de son amant.

-Tommi, tu vas où ?
-Cadeau, mon c½ur.


Bill se redressa lui aussi et tapa dans ses mains comme un enfant. Tom rigola à l'attitude enfantine de son cadet et lui hurla depuis le couloir de l'attendre.
Bien sûr, Bill n'obtempéra pas et sortit à son tour du lit. Il gagna rapidement la salle de bains pour se nettoyer de l'ardeur de leurs ébats. Une fois propre, il remit son boxer et attrapa le cadeau pour son frère. Il se réinstalla dans les draps et entreprit de contempler ses ongles vernis.
Tom revient.

-T'en as mis du temps, m'ennuyais, pleurnicha Bill joueur.
-Pff, même pas vrai. Fais-moi une place, trésor.

Bill s'écarta un sourire rayonnant ornant ses lèvres à l'écoute musicale du surnom.
Puis il tendit les mains avidement pour recevoir son présent. Tom pouffa plus fort mais lui tendit tout de même.
Bill impatient, retourna le sac multicolore, répandant le contenu sur ses genoux. Il poussa une exclamation émerveillée devant les habits. Les yeux brillants de joie, il se tourna vers son jumeau et le prit dans ses bras, soufflant mille mercis à son oreille.
Il se leva et passa aussitôt le jean puis les tee-shirts au ton mauve. Il fit un tour sur lui-même attendant le verdict de son homme.

Tom siffla d'admiration, il avait très bien choisi. Les habits tombaient à la perfection sur l'androgyne le rendant sexy à souhait.

-Superbe...
-Merci Tommi
, lui répondit Bill avec une moue coquine.
-De rien, mon c½ur. Et moi ?

Bill se rassit tranquillement et sortit de dessous l'oreiller l'étui de cuir qu'il lui tendit.

Tom prit délicatement l'objet et l'ouvrit doucement. Il ne pu retenir un « Oh » exclamatif.

-Putain, Billou, l'est superbe.
-Elle te plait vraiment ?
-Elle est magnifique, tu me la mets.


Bill reprit le coffret et en sortit la pièce d'horlogerie. Il attrapa entre ses doigts fins le poignet de son frère. Il caressa la peau fine d'un mouvement doux du pouce, appréciant la texture et la chaleur de la peau. Il se pencha, caressant des lèvres l'épiderme tendre, soufflant dessus.
Tom ne disait rien et regardait son jumeau jouer avec son avant bras. Les sensations revenant à la charge, il gémit doucement. Avec de simples baisers mouillés, son frère lui faisait de l'effet. Il pensa perdre à nouveau la tête quand Bill lécha le tracé de sa veine. Il pensa perdre pied quand Bill, un regard pervers dans les yeux, embrassa à pleine bouche la peau sensible lui faisant une marque violacée. Il pensa le violer sur place quand Bill remonta au creux de son coude pour y déposer ses lèvres brûlantes et l'exciter de la langue. Il gémit plus franchement. Il allait devenir fou, fou de désir, fou de passion si son frère continuait de la sorte et il ne quitterait pas le lit de la journée.
Bill s'arrêta.

-T'as raison, je me reprends, excuse Tommi.
-Ouais...


C'était souvent comme ça entre eux deux, pas de mots nécessaires. Il communiquait d'une autre manière, un peu de télépathie sûrement. Un truc qui faisait flipper un max les personnes pas habituées. Bill en jouait souvent pour voir la stupeur sur le visage de ces inconnus qui tentaient de s'immiscer dans son monde.

L'androgyne lui passa la montre au poignet et en conclut qu'elle était du plus bel effet. Le guitariste confirma en l'attirant à lui pour un baiser de merci. Leurs bouches se collèrent dans un long échange tour à tour tendre, impétueux, assoiffé et amoureux.

Ils se regardèrent quelques minutes dans les yeux, communiquant silencieusement. Tel le reflet de leurs âmes, leurs orbes bruns transmettait tous les émois du c½ur de l'autre.

-Tommi...
-Oui, habille toi, on y va.


Phrase énigmatique pour le moins mais pas pour l'androgyne. Il se releva imité par son frère qui gagna sa chambre. Bill ouvrit son dressing et attrapa la tenue de cuir sur le coté. Pantalon moulant, maillot sans manche avec un col haut zippé pour protéger sa gorge, veste courte, le tout en noir surpiqué de croix ankh argenté fut rapidement enfilé. Il compléta l'ensemble par une écharpe écrue et une paire de bottes. Il passa dans la salle de bains pour un coup de brosse dans sa crinière noire et une touche de maquillage.

Tom l'appela du couloir, le pressant. Le chanteur déboula devant lui, attaquant une descente rapide de l'escalier. Le sourire aux lèvres, Tom le suivit doucement, matant sans complexe le mignon postérieur moulé de cuir. Il détailla minutieusement le corps parfait s'affairant dans la cuisine à la préparation d'un sac de victuaille. Son frère s'étirait devant les placards laissant voir la peau tatouée de son flanc ou le bas de sa chute de rein. L'aîné des jumeaux se lécha les lippes faisant bouger d'envie son piercing au labret.

Sa tâche terminée, bien conscient du reluquage intensif de son amant, Bill se tourna vers lui d'un geste sensuel adoptant de suite une pose des plus suggestifs. Tom déglutit fortement, son regard posé sur le ventre plat que son jumeau exhibé fièrement, une moue provocatrice sur le visage.

-Tenté Tommi, susurrât-il d'une voix chaude.
-Putain... Bill, t'es trop sex, s'exclama le guitariste avant de se reprendre. Mais on verra ça plus tard. On a autre chose à faire. Direction le garage et cours parce que si je t'attrape, je te mange.

Le chanteur rigola aux éclats, mit son sac sur l'épaule et sortit de la cuisine au pas de course, suivit par son frère hilare.

Dans le garage, Tom prit Bill par la main et l'emmena vers le débarras fermé. Il ouvrit la porte et fit entrer son jumeau en actionnant la lumière. Là, sous l'éclairage artificielle, trônait, en appui sur sa béquille une magnifique moto noire d'encre au chrome rutilant.

Bill s'approcha doucement de l'engin et caressa la surface polie, un sourire joyeux aux lèvres.

-Elle te plaît ?
-Elle est extra, merci Tommi.


Il se rapprocha de lui et déposa un smack sur sa bouche avant de l'entraîner à sa suite dans une autre partie du garage. Devant une porte marquée de l'inscription buanderie, il se stoppa.

-Ferme les yeux.

Tom obéit et Bill le guida à l'intérieur. Il posa ses mains sur ses yeux, se collant à son dos et murmura dans le creux de son oreille :

-Prêt, mon ange.

Le tressé acquiesça et Bill enleva ses fins doigts. Tom beugua. Devant lui, une superbe machine bleue électrique aux reflets argentés attendait patiemment d'être chevauchée.

Bill regarda son guitariste faire le tour de l'engin, poussant des onomatopées de plaisir. Vêtu lui aussi de cuir avec un pantalon cintré plus qu'à son habitude et d'un blouson serré, il était beau. Le voir à côté de cette moto réveillée les lépidoptères de ses reins qui commençaient à s'organiser en joyeuses bandes chaudes.

Tom sortit son frère de ses réflexions érotiques en l'embrassant passionnément.

Ils sortirent leurs engins du garage, mirent leurs casques, embrayèrent bruyamment dans un sourire enfantin, et prirent la direction de la route. Loin des médias, de la pression, ils allaient pour quelques heures, vivre cheveux au vent et profiter de leurs cadeaux pour une virée dans la campagne hambourgeoise.


Pendant ce temps, dans un village paumé du centre de la France, une jeune fille, installée devant son écran d'ordinateur, regarde les photos postées par les administratrices du forum dont elle est membre en se disant que les regards échangés entre les jumeaux Kaulitz du groupe Tokio Hotel sont très ambiguës. Elle est loin de se douter que son fantasme silencieux a pris vie et que les deux protagonistes ont la ferme intention de l'inscrire dans la durée.

FIN


Voila c'est fini,j'éspere que cette fiction vous aura plu
Laissez vos impressions, l'auteur sera contente de savoir ce que vous en avez pensé,
je vous donne rendez- vous tres vite sur une autre fiction quelle est en train d'écrire,et qui sera publié ici
Gros Bisous.

Tiphaine

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